Fibromyalgie : la maladie des gens qui ont mal partout

Fibromyalgie: Douleurs articulaires dans de nombreux endroits du corps ? Troubles de l’humeur ? Les médecins s’intéressent de près à cette pathologie. 

C’est la maladie de « ceux qui ont mal partout ». Et, contrairement à ce qu’ils entendent parfois, ils ne sont pas douillets et encore moins des paresseux. Ils sont victimes de la fibromyalgie. Une maladie qui touche environ 2 millions de personnes en France, mais reste peu connue et souvent méprisée, y compris par le corps médical.

Pour le moment, il n'existe aucun traitement contre la fibromyalgie. Les rhumatologues ont donc pour objectif d'améliorer le plus possible l'état physique des patients qui souffrent de douleurs articulaires et musculaires permanentes. (LP/Philippe de Poulpiquet.)
Pour le moment, il n’existe aucun traitement contre la fibromyalgie. Les rhumatologues ont donc pour objectif d’améliorer le plus possible l’état physique des patients qui souffrent de douleurs articulaires et musculaires permanentes. (LP/Philippe de Poulpiquet.)

Insomnie, douleurs articulaires et musculaires, fatigue intense, troubles de l’humeur… ces symptômes suscitent encore trop souvent un diagnostic lapidaire du genre : « Tout ça, c’est dans la tête. » Le fait de ne trouver aucune lésion organique pour l’expliquer a conduit beaucoup à penser que cette maladie était psychologique. Elle est pourtant reconnue comme une maladie, classifiée en rhumatologie, par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1992. Dans notre pays, un rapport de l’Académie nationale de médecine la désigne comme une pathologie à prendre au sérieux. Bref, la reconnaissance institutionnelle est là. Mais, côté recherche, les scientifiques ne sont pas encore parvenus à déterminer les causes exactes de cette maladie, ni à la guérir.

La femme émotive de plus de 40 ans, cible privilégiée. La fibromyalgie survient dans plus de 90 % des cas chez les femmes de plus de 40 ans. Mais avec un profil particulier… « Il s’agit souvent de personnes empreintes d’humanité et tournées vers les autres, précise la Société française de rhumatologie. Ainsi, des études ont montré qu’environ 80 % des sujets souffrant de fibromyalgie exercent des professions dans le domaine du social, de l’enseignement et de la santé. Associées à cette tendance, on constate une grande émotivité, de la sensibilité et donc de la fragilité. La survenue d’un facteur déclenchant va alors pouvoir entraîner l’apparition de la fibromyalgie. »

Des points douloureux qui en disent long. Certes des douleurs diffuses et chroniques peuvent aiguiller le médecin sur ce diagnostic. Toutefois, il existe des critères d’examen clinique qui vont contribuer à le confirmer. Il s’agit de points douloureux à la pression, de localisation très précise. Ces points douloureux multiples sont constants et fixes chez une même personne. On compte 18 points douloureux et le diagnostic de fibromyalgie est évoqué lorsque 11 points sur 18 sont retrouvés (la pression blanchit l’ongle). Ils sont situés notamment au niveau des genoux, de la région du coude, des trapèzes ou encore du cou. La cause responsable de la fibromyalgie n’est pas connue mais, selon les spécialistes, plusieurs facteurs sont susceptibles de la déclencher comme une susceptibilité génétique, une vulnérabilité psychologique ou encore une infection, des microtraumatismes musculaires, un traumatisme cervical, des événements affectifs (divorce, décès…). La fibromyalgie a des répercussions inévitables sur la vie quotidienne. Tout devient plus difficile à accomplir du fait des douleurs permanentes auxquelles on peut ajouter la souffrance d’une absence de reconnaissance de sa maladie.

On oublie le traitement miracle. En l’absence de cause connue, il n’existe pas à ce jour de traitement curatif de la fibromyalgie. L’objectif n’est donc pas de guérir mais de gérer cette maladie chronique avec une amélioration la plus importante possible de l’état physique. Pour lutter contre la douleur, les rhumatologues conseillent de bouger, de faire des mouvements et d’éviter de multiplier les périodes de repos. L’apprentissage de techniques de relaxation est également conseillé, visant à réduire les tensions musculaires et à détendre le corps (Qi Gong, sophrologie…). Puis, à chaque symptôme, sa réponse pharmacologique. Par exemple, les douleurs pourront être soulagées grâce à des antalgiques et des antidépresseurs, non pour traiter la dépression, mais pour agir sur les neurones qui gèrent la douleur.

(Le Parisien)

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