[Témoignage à cœur ouvert] – Le combat en vaut la peine… (Catherine Schollaert-Chastanet)

Témoignage à cœur ouvert
par Catherine Schollaert-Chastanet

Le combat en vaut la peine...Catherine Schollaert-Chastanet apprend en 2008 qu’elle est atteinte d’un cancer. Sa pratique des arts martiaux et énergétiques l’accompagnera avec force tout au long de ses soins.

A la suite de l’annonce d’une maladie grave en juin 2008, et sur les conseils du Docteur Michel Jreige, je me suis mise à pratiquer le Yi Quan. Après quelques mois de pratique, je me suis renforcée au niveau physique et mental. Cela s’est fait progressivement. Je me suis aperçue de cette force au moment où, un peu plus d’un an après l’annonce de ma maladie, on m’annonçait une rechute plus grave encore et plus agressive. Bien sûr, cela a été un choc, mais j’ai rapidement ressenti un calme intérieur. Je me suis sentie forte malgré les traitements très lourds et les souffrances qui m’étaient annoncées. J’étais prête pour le combat qui m’attendait.
J’avais un mois d’attente avant la première injection. J’ai alors pratiqué de façon très yin afin d’être prête à recevoir ce médicament agressif. Je suis parvenue à rester calme durant les trois heures de l’injection du produit ; dans mon lit, je pratiquais la posture de l’arbre. Les souffrances qui ont suivi sont indescriptibles ; elles ont duré plus de quarante heures sans aucun soulagement possible.
J’ai senti combien mon esprit était fort grâce au travail d’intention. J’avais cette image en tête : c’est la tempête, le bateau coule, mais le capitaine reste à la barre et ne navigue pas contre, mais avec les éléments déchaînés. Lâcher prise, mais rester le seul maître à bord. Ne pas se tromper d’ennemi ! Ce produit, qui me fait tant souffrir, est un cruel ami et va m’aider à considérer, comme cité dans le livre « Dacheng Quan, l’art ultime de combat », mon vrai ennemi, comme un brin d’herbe…
Je pratique depuis quelques années, avec mon professeur Thierry Alibert, le Taiji, le Qi Gong et le Sanda que je n’ai pas arrêtés pendant les traitements, même si par moments je fonctionnais « au ralenti ». Mon professeur m’a aidée à me relever et à ne pas baisser ma garde… Je me trouvais en aplasie (forte chute des globules blancs) quelques jours après chaque injection.
Je me suis même retrouvée aux urgences et en chambre isolée ; j’étais très malade ! Je mettais du temps à guérir, mais j’avais la chance de voir, depuis ma fenêtre, un beau sapin et de petites mésanges. Malgré la douleur, je sentais un calme intérieur et un amour infini pour la nature et la dose d’émerveillement qu’elle donne chaque jour.
Dès que je surpassais les moments difficiles, je retrouvais une bonne énergie. Thierry Alibert m’a amenée à Paris passer un Dan alors que j’étais en aplasie ; j’ai aussi participé à des compétitions pendant cette période. J’ai pratiqué les marches proposées en Chine aux personnes atteintes de cancer, marches que j’ai découvertes grâce au professeur Liu Dong. Ces pratiques m’ont également renforcée au niveau du système immunitaire. En cultivant l’écoute, j’ai toujours pratiqué selon mes besoins du moment, entourée de beaucoup d’amour et du soutien de mes proches. Quand j’ai quitté mon pays natal, la Belgique, et que je suis arrivée dans le Lot en 2006, la devise était : « Le Lot, une surprise à chaque pas ! ». J’ai l’occasion de savourer chaque jour cette devise.

(paru dans Génération Tao n° 63)

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