Dans quels domaines le Qi Gong donne-t-il de bons résultats ?

Le Qi Gong permet de développer les capacités de concentration et d’attention, améliore la posture, contribue au bon fonctionnement cardiovasculaire, entretient les articulations et le système respiratoire. Les Chinois affirment même qu’il ralentit le vieillissement. Mais pour cela, il faut qu’il soit pratiqué auprès d’un maître sérieux, si possible médecin ou thérapeute énergéticien.

Dans ces conditions, il a fait la preuve de son efficacité dans de nombreux domaines. En 2007, douze essais cliniques ont montré que le Qi Gong a des effets positifs sur l’hypertension artérielle. D’autres chercheurs ont étudié les variations de la production des substances immunitaires (globules blancs, médiateurs de l’immunité…). Résultat : cette production augmente après les séances chez les personnes qui s’y livrent régulièrement, améliorant ainsi leurs défenses contre les agresseurs microbiens. Le Qi Gong agit également sur les dérèglements du cycle féminin, les douleurs chroniques, l’insomnie, les maux de tête, les troubles digestifs. Il semble aussi que cette technique énergétique puisse diminuer les effets secondaires des traitements chimiothérapeutiques lourds (cancer, sida…). Enfin, côté psycho-émotionnel le Qi Gong contribue à améliorer la résistance au stress et à réguler l’humeur.

—–

Pour plus d’informations:

Gino Micucci
Professeur et Praticien de Qi Gong, diplômé de l’Institut Européen de Qi Gong et Yang Sheng 

facebook: https://www.facebook.com/gino.micucci

Génération QI GONG – Luxembourg et Grande Région

 

Stress et énergétique traditionnelle chinoise

Le stress, par définition, constitue « l’ensemble des réponses mentales, émotionnelles et physiques de l’organisme soumis à des contraintes ou des pressions.  Ces réponses dépendent toujours de la perception qu’à l’individu des pressions qu’il ressent. » – wikipedia

Autrement dit, selon comment un individu perçoit des contraintes ou pressions provenant de l’environnement, il va générer un ensemble de réactions aux trois plans de son existence, soit mental, émotionnel et physique.

Le stress n’est donc pas quelque chose de négatif en soi.  Le stress est une invitation à se mettre en mouvement, afin de résoudre un état de tension. Cette tension est inhérente à notre existence puisque la vie est à chaque instant renouvelée, par le mouvement et l’impermanence.  Je ne suis pas la personne que j’étais et ni celle que je serai.  Dans les traditions asiatiques, la rivière est souvent utilisée métaphoriquement à cette fin : « est-ce que la rivière que je regarde maintenant est la même que celle il y a un instant? »

Afin de nous accorder avec ce principe vital, nous devons rester nous-même toujours en mouvement.  La définition même de la santé, selon la vision chinoise, est la libre circulation de l’énergie, au niveau physique, émotionnel et mental.

Nous restons en mouvement par:

  • L’action d’ordre physique : On aide quelqu’un en détresse, on fait du ménage lorsque c’est nécessaire, on travaille pour avoir de l’argent.
  • L’action d’ordre mental/émotionnel : face à ce qu’on ne peut changer (que ce soit une croyance ou une réalité), nous changeons de perception. Souvent, pour trouver résolution, nous devons nous laisser porter par une perception qui nous inclus dans quelque chose de plus vaste que soi. Les phrases clés « c’est le destin », « tout chose arrive pour une raison », « le temps arrange les choses »,  en sont des exemples fameux.

Lorsque nous ne sommes pas en mouvement, nous entrons dans un état de stagnation.  Cela est la base sur laquelle tout phénomène pathologique se construira selon la médecine chinoise.

Pathologie

Le premier organe qui sera affecté par la stagnation d’énergie est le Foie.

Cela s’explique par le fait qu’en médecine chinoise, selon la théorie des 5 phases, le Foie appartient à la phase Bois: le Bois est cette force émergente qui arrive au printemps suite à la latence hivernale.  Il représente le mouvement même, tant au niveau physique (les muscles et les tendons qui permettent au corps de se mouvoir) que mental (il est l’aspect de la psyché qui constitue les allées et les venues de la conscience, ainsi que la conscience qui sort du corps la nuit pour atteindre le monde du rêve: on l’appelle le Hun en médecine chinoise).

Ce qui correspond au Bois est donc,

  • Dans la Nature : le printemps, le vent (on connaît bien l’expression « un vent de changement »)
  • Dans l’Homme : le Foie, les yeux (le Hun utilise le sens visuel pour capter l’information et la ramener vers soi pour être intégrée), les muscles et les tendons.

Le Foie en stagnation donnera des symptômes, comme tous les organes, d’ordre mental, émotionnel, et physique.  Voici sous forme de petit questionnaire les symptômes typiques de la stagnation du Qi (énergie) du Foie :

SPHÈRE DU FOIE

  • J’ai souvent l’impression que la vie est injuste
  • On dit de moi que je suis colérique
  • Souvent je suis irritable et je ressens de la frustration
  • Mes trapèzes sont tendus
  • Mon cou est tendu
  • J’ai souvent des maux de tête, parfois des migraines
  • Je sens comme un nœud dans ma poitrine
  • J’ai parfois une boule à la gorge
  • Mes règles sont douloureuses, j’ai tendance à avoir des crampes
  • Mon cycle menstruel est irrégulier

À long terme, la stagnation de l’énergie du Foie se transformera en chaleur.  Comme il est le principal réservoir de sang dans le corps, il transmettra sa chaleur au liquide rouge, qui circulera et causera alors:

L’inflammation dans les vaisseaux sanguins.  Pour tenter de réduire l’inflammation, le corps produira des mucosités (plaques d’athéromes) qui éventuellement pourraient bloquer les artères.

Des symptômes de chaleur/brûlure un peu partout dans le corps et sur la peau (syndrome de chaleur du sang)

Lorsque le Foie est en stagnation, il n’hésitera pas à affecter d’autres organes, toujours selon la logique des 5 phases.  

Il pourra attaquer la sphère digestive, la Rate/Estomac :

Sa fonction de transport et transformation des aliments et liquides est alors compromise

SPHÈRE DE LA RATE/PANCRÉAS

  • J’ai tendance à me soucier beaucoup pour rien
  • Mes pensées ont tendance à tourner en rond sans arrêt
  • Je suis fatigué
  • Je ressens moins la faim depuis un certain temps
  • Ma digestion est fragile
  • J’ai des ballonnements, des gaz
  • Mes selles sont plus molles que d’habitude.  J’ai parfois même la diarrhée
  • J’ai des brûlures d’estomac

Il pourra évacuer son excès vers le Cœur :

SPHÈRE DU COEUR

  • Je ressens moins la joie qu’à l’habitude
  • Je ris beaucoup quand je suis nerveux
  • On me dit que je parle trop vite
  • Je me sens fébrile, agité, je sursaute facilement
  • J’ai de la difficulté à me concentrer. Ma mémoire est moins bonne qu’elle l’était.
  • Mon sommeil est léger, j’ai une tendance à l’insomnie
  • J’ai souvent des bouffées de chaleur au visage
  • Je sens mon cœur battre dans ma poitrine quand je suis nerveux

Il pourra également attaquer le Poumon :

SPHÈRE DU POUMON

  • La tristesse est une émotion que je ressens souvent
  • J’ai peu envie de parler, ma voix n’est pas forte
  • J’attrape souvent le rhume
  • Ma respiration est difficile
  • Je tousse
  • Je transpire facilement, au moindre effort

Finalement, il pourra affecter la sphère du Rein :

SPHÈRE DU REIN

  • J’ai l’impression d’avoir perdu ma volonté, ma détermination
  • Je me sens déprimé
  • J’ai moins de désir sexuel qu’avant
  • Je ressens facilement la peur ou l’anxiété
  • Les gens autour de moi me disent que je paranoïe facilement
  • J’ai mal au bas du dos
  • Je me lève quelques fois par nuit pour uriner
  • Je transpire la nuit

Chaque individu aura une tendance constitutionnelle à être affecté au niveau d’un Organe plutôt qu’un autre.  L’apprentissage essentiel est alors de développer la Vertu qui correspond à notre Organe en faiblesse.

Pour le Bois : l’excès de colère, l’arrogance, l’irritabilité devra être maîtrisée par l’émerge la Bonté

Pour le Métal : la tristesse, la léthargie, le deuil doit être surmontée pour développer l’Intégrité et la transparence

Pour le Feu : l’excitation fébrile, l’agitation anxieuse, la joie non-authentique devra être calmée et de la se développera un sens de l’Ordre.  Cet Ordre sera la capacité à éprouver de la joie et du bonheur tout en ayant un sens clair des limites.

Pour la Terre : le souci, les pensées obsessives devront se calmer et ainsi arrivera la Confiance

Pour l’Eau : La peur, la Terreur, la paranoia devra être utilisée pour développer la Sagesse

Puisque à cet égard, notre destinée nous dicte l’opposé de notre Nature, il sera de notre ressort de développer la Vertu associée à notre faiblesse constitutionnelle.  Ainsi, nous accomplirons l’intégralité de notre chemin de vie.

★──💥──★

Prendre un moment pour soi, dans le calme profond, la douceur et la bienveillance.
Je vous propose des séances où vous irez à la rencontre de vous-mêmes, guidés par des pratiques ancestrales chinoises: Qi Gong, Énergétique chinoise, Massage Chi Nei Tsang, Harmonisation énergétique, Ventouses, Acupression, Méditation, Relaxation profonde, …
J’applique un protocole unique en son genre, combinant plusieurs techniques chinoises s’adressant au mental et au physique afin « d’habiter » votre corps en conscience, dans le calme, le souffle dans le corps, l’esprit sur le souffle.
Vous sortez de cette consultation dans un état de grande détente physique et psychique, les traits reposés. Bien dans votre peau…
Les effets s’amplifient encore pendant quelques jours après le soin. Pour entretenir et approfondir le résultat, il est bénéfique de réserver 3-4 séances à quelques semaines d’intervalle et de venir ensuite régulièrement, à chaque changement de saison ou quand vous en sentez le besoin.

★──💥──★

Sur RDV: enligne https://live.vcita.com/site/generation.qigong/online-scheduling ou par mail à info@generationqigong.com ou en message privé
https://www.facebook.com/generation.qigong/

Contactez-nous: info@generationqigong.com 

Génération QI GONG – Luxembourg et Grande Région 
(« Le bien-être par le Qi Gong »)

Quelques bienfaits du Qi Gong: asthme, hypertension, maux de tête, acouphènes,…

Maintes situations quotidiennes nous amènent à courber le dos, ce qui entraîne la fermeture de la cage thoracique.

Cette posture acquise réduit la capacité respiratoire avec le temps et mène à divers problèmes de santé biomécaniques (épaule, cou, tête, dos), physiologiques (écrase les poumons et les organes internes) et psychologiques (position de repli sur soi).

Les mouvements de Qi Gong améliorent la circulation du sang et du Qi dans le dos, favorisent la montée de l’énergie yang impliquée dans l’action et la vitalité.

La respiration est le point numéro un de l’oxygénation de l’organisme qui contribue au ralentissement du vieillissement.  Une bonne respiration complète apporte un volume d’oxygène potentiel intéressant pour nourrir l’organisme dans ses multiples échanges biochimiques.

Pour que cet oxygène, partie intégrante du Qi, puisse nous être bénéfique, bouger le corps devient impératif.  Les mouvements agissent comme une pompe pour faire circuler le sang, la lymphe et le qi (chi : énergie vitale), qui viendront irriguer les tissus en bons nutriments et cueillir les déchets pour que chaque cellule puisse bien vivre et nous apporter la meilleure qualité de fonctionnement.

Plusieurs problèmes de santé ont en commun la respiration superficielle ou la difficulté respiratoire.  Nous pouvons penser à l’asthme et l’hypertension où la retenue dans la respiration est présente, la surcharge quotidienne qui porte l’individu à la respiration superficielle quasi retenue.

La posture du haut du corps est supportée par une bonne santé des muscles du dos et de la tête. Maintenir la partie supérieure du dos en bonne position permet de bien soutenir la tête et favorise une meilleure vision de la vie.

Un dos courbé et une cage thoracique fermée, amène des tensions musculaires.  C’est lorsqu’un mouvement rapide ou inhabituel est demandé que les blessures se présentent ; les muscles n’en peuvent plus, ils sont mal positionnés, coincés par le stress d’un mauvais maintien et ne peuvent plus répondre adéquatement au mouvement.

Si la partie thoracique est en forme, tout le dos se sentira mieux : la pression du bas du dos sera allégée.

Les mouvements de Qi Gong améliorent la circulation du sang et du Qi dans le dos, favorisent la montée de l’énergie yang impliquée dans l’action et la vitalité.

Du côté santé physique : ils réduisent les maux en général de cette région, réduisent les maux d’épaules, les tensions cervicales, les maux de tête et favorisent la réduction des étourdissements, des bourdonnements d’oreilles et des acouphènes.

Auteure: Louise-Maëna Paquette, Kinésiologue, Professeur de Qi Gong, Réflexologue, Énergéticienne et Experte Feng Shui

Avez-vous déjà suivi des séances de Qi Gong ou bien avez-vous l’intention de vous y mettre prochainement ?

Contactez-nous: info@generationqigong.com 

Génération QI GONG – Luxembourg et Grande Région
(« Le bien-être par le Qi Gong »)

Le CHU Saint-Pierre intègre le « Qi Gong » dans la prise en charge des patients, une première

Le CHU Saint-Pierre intègre le "Qi Gong" dans la prise en charge des patients, une première

BELGA Publié le – Mis à jour le

Depuis le début de l’année, le CHU Saint-Pierre à Bruxelles intègre le Qi Gong, un art thérapeutique issu de la médecine traditionnelle chinoise, dans la prise en charge de ses patients. « C’est une première en Belgique », affirme le Dr Marie-Paule Guillaume, chef de clinique en médecine interne et instigatrice du projet. Mouvements lents, fluides et harmonieux combinant exercices respiratoires et renforcement musculaire, le Qi Gong est enseigné en Chine dans le cadre de la médecine traditionnelle. Il en est un des cinq piliers, à l’instar de l’acupuncture, la pharmacopée, le massage traditionnel et la diététique.

Depuis quelques mois, les patients des services de gériatrie, oncologie et revalidation pulmonaire du CHU Saint-Pierre s’adonnent à la pratique plusieurs fois par semaine, sous l’impulsion du Dr Guillaume, qui a persuadé les différents services des bienfaits de cette « gymnastique de santé ».

« Je la pratique moi-même depuis plusieurs années », explique-t-elle. « Cela m’a permis d’atténuer certaines douleurs comme des maux de tête ou de dos. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu l’introduire à l’hôpital comme instrument de prévention et d’amélioration du quotidien des malades ».

En gériatrie, « nous remarquons plusieurs effets positifs: l’amélioration de l’équilibre, la diminution du stress, l’apaisement intérieur et la réduction des chutes », assure un kinésithérapeute du service.

A ce stade, seuls quelques membres du personnel soignant ont été formés par la Fédération Belge de Qi Gong de Santé. « Nous avons reçu beaucoup de retours positifs des patients. L’objectif serait maintenant d’étendre ces cours à d’autres services ou que d’autres hôpitaux suivent notre exemple », ajoute le Dr Guillaume.

En Chine, le Qi Gong thérapeutique est pratiqué tous les jours dans les parcs ainsi que dans certains hôpitaux. L’idée de base étant que là où il y a un blocage, l’énergie et le sang ne circulent pas et la maladie peut s’installer.

(Source: http://www.lalibre.be/)

Avez-vous déjà suivi des séances de Qi Gong ou bien avez-vous l’intention de vous y mettre prochainement ?

Contactez-nous: info@generationqigong.com 

Génération QI GONG – Luxembourg et Grande Région
(« Le bien-être par le Qi Gong »)

L’hôpital expérimente le Qi Gong pour soulager des effets secondaires du cancer

Extrait du Monde du 31/08/16: Retrouver l’article d’origine de Juliette Harau sur ce lien

Nathalie, opérée récemment d’une tumeur, pratique quotidiennement le qi gong dans un parc près de chez elle. Karim El Hadj / Le Monde
Nathalie, opérée récemment d’une tumeur, pratique quotidiennement le Qi Gong dans un parc près de chez elle. Karim El Hadj / Le Monde

Sereine, imprégnée, Nathalie répète avec soin les gestes qu’elle a appris. Balayer l’air d’un mouvement large, prendre une grande inspiration, genoux légèrement pliés, regard vers l’horizon. Greffière, originaire de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), en proche banlieue parisienne, Nathalie a subi des traitements très lourds – plusieurs chimiothérapies, une radiothérapie et une curiethérapie – qui ont eu raison de sa tumeur. Parallèlement, elle s’est appuyée sur une gymnastique de santé chinoise, le Qi Gong, suivant les conseils du Pr Liu Bingkai, diplômé en médecine traditionnelle chinoise de l’université de Nankin, qui mène des essais cliniques à l’hôpital universitaire de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

« Je ne peux pas dire si mon état aurait été différent si je n’avais pas pratiqué le Qi Gong, je n’ai pas de point de comparaison. Mais ça me fait du bien », dit Nathalie. A plusieurs niveaux, son traitement lui a paru moins douloureux que prévu : « A part la perte de cheveux, je n’ai eu presque aucun des effets secondaires habituels – vomissements, maux de tête, ongles noircis… Les patients à côté desquels je recevais ma chimiothérapie me paraissaient dans un état plus pénible que le mien. »

Nathalie s’était vu prescrire une kyrielle de médicaments pour affronter les différents protocoles. « J’étais une pharmacie ambulante, se souvient-elle, alors que je ne suis pas très médicaments. » Mais exception faite d’un épisode particulièrement critique du traitement, pendant lequel elle recevait des injections pour augmenter son taux de globules blancs, les boîtes d’antidouleur sont restées intactes. En revanche, chaque jour pendant deux heures, cette mère de trois enfants se rendait dans un parc pour effectuer les mouvements de Qi Gong qui devaient lui procurer du mieux-être.

« L’impression de revivre »

Un profane qui observerait Nathalie de loin décrirait une marche étrangement cadencée. Elle pratique en réalité une forme de Qi Gong dite « méthode de Guo Lin », du nom de l’artiste chinoise qui l’a vulgarisée, après l’avoir elle-même appliquée lors de son combat contre le cancer. Comme une chorégraphie, cette synchronisation des pas et de la respiration lui est progressivement devenue naturelle.

Le Qi Gong de Guo Lin, en pratique

Au même titre que le Tai-chi, le Qi Gong est l’une des pratiques corps-esprit comprises dans l’arsenal de la médecine traditionnelle chinoise, aux côtés de la méditation ou de l’acupuncture. Cette gymnastique de santé est pratiquée de manière sportive dans de nombreux clubs en France. La méthode de Guo Lin, ou « Xi Xi Hu », présentée ici, comporte une visée thérapeutique.

« Le Qi Gong classique, qui ralentit le métabolisme et active l’énergie vitale (le “qi”) dans le but de prolonger la vie, ne serait pas adapté dans le cadre de la maladie, car il bénéficierait aussi aux cellules cancéreuses », explique le docteur Liu Bingkai, spécialiste de la médecine chinoise traditionnelle, qu’il enseigne à l’université Paris-VI.

Il détaille : « Le Qi Gong de Guo Lin s’appuie sur trois points : la marche, la respiration et les mouvements des mains que l’on appelle tâtonnement”. »

  • Les pas se décomposent en deux temps : poser d’abord le talon puis dérouler la plante du pied.
  • Côté respiration : le premier pas est rythmé par une double inspiration (« Xi »), le suivant correspond à l’expiration (« Hu »), et ainsi de suite. L’hyperventilation provoquée permet d’augmenter la teneur en oxygène du sang.
  • Chaque pas s’accompagne d’un léger pivot du corps vers le pied en action, mouvement entraîné par le « tâtonnement » des mains qui se placent successivement devant le nombril puis au niveau de la hanche.

Précédé de mouvements de relaxation, destinés à « entrer dans un état de calme », l’exercice doit le plus possible ressembler à une marche naturelle. Il se décline en plusieurs variantes jouant sur le rythme et sur les gestes et correspondant à différentes étapes du traitement.

« Cette méthode aide à manger mieux en regagnant de l’appétit, à dormir bien et à avoir plus de force », explique le Pr Liu Bingkai. En effet, Nathalie raconte avoir recouvré un sommeil « normal » dès la première semaine de pratique. Surtout, elle se réjouit d’avoir découvert une activité physique à sa portée, alors qu’elle était abattue par les traitements : « Je ne m’étais jamais vue comme ça, psychologiquement j’étais au plus bas. Avec le Qi Gong, j’ai eu l’impression de revivre. Je n’étais pas alitée toute la journée, j’arrivais à me lever et à sortir pour faire mes exercices. A l’inverse du sport, le Qi Gong ne fatigue pas et donne de l’énergie », raconte l’ancienne joggeuse.

C’est sa mère, sensibilisée à la médecine chinoise, qui a suggéré à Nathalie de pratiquer le Qi Gong. « Je n’y croyais pas au début, reconnaît l’intéressée, mais je n’avais rien à perdre. »

Nathalie et le professeur Liu Bingkai lors d’une séance de Qi Gong thérapeutique dans le parc de l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris. Karim El Hadj / Le Monde
Nathalie et le professeur Liu Bingkai lors d’une séance de Qi Gong thérapeutique dans le parc de l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris. Karim El Hadj / Le Monde

« Reprendre possession de son corps »

« La maladie est un moment où les individus sont en quête de sens, explique Patrice Cohen, anthropologue et coauteur de Cancer et pluralisme thérapeutique, une enquête sur l’usage des soins non conventionnels. Le patient peut alors entrer dans une recherche d’autonomisation par rapport au monde médical, trop imposant, et chercher à reprendre possession de son corps, de son devenir. » Et justement, les auto-soins présentent l’avantage de responsabiliser le patient en le rendant acteur de sa guérison. « Avec les protocoles hospitaliers, on subit son traitement, alors qu’avec le Qi Gong, on est proactif, dit Nathalie. (…) C’était aussi un soulagement pour mes enfants de voir que je sortais, que je me prenais en main. »

Lors des séances hebdomadaires, le docteur Liu rectifie les gestes avec force images : « Ouvre les portes », « La lumière entre ». Il adapte les mouvements en fonction de l’évolution de la maladie et des effets recherchés. Plusieurs semaines après sa rémission, Nathalie continue ainsi à se prêter quotidiennement à l’exercice. « Ce n’est pas parce que la tumeur est éradiquée qu’on est immédiatement en forme », témoigne-t-elle.

« Zone grise réglementaire »

Patiente et soignant s’entendent pour dire – et répéter – que le Qi Gong ne soigne pas le cancer et qu’il ne dispense en rien d’un traitement médicamenteux. Il s’agit d’un accompagnement. Mais « la vision de Liu Bingkai est beaucoup plus curative, elle va au-delà de ce que nous considérons comme un soin de support », nuance le Pr Alain Baumelou, néphrologue à la Pitié-Salpêtrière.

Le professeur Liu Bingkai fait la démonstration des gestes de mise en condition avant une séance de Qi Gong. Karim El Hadj / Le Monde
Le professeur Liu Bingkai fait la démonstration des gestes de mise en condition avant une séance de Qi Gong. Karim El Hadj / Le Monde

C’est à lui que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a donné, en 2011, la responsabilité de développer le centre intégré de médecine traditionnelle chinoise, qui occupe un petit local dans le centre hospitalier du 13e arrondissement de Paris. « J’en suis la caution scientifique », s’amuse-t-il, et le Pr Liu diplômé en Chine, mais sans équivalence reconnue en France, est celui qui « détient les connaissances poussées » dans ce domaine.

Dans l’enceinte de l’hôpital, le Qi Gong, comme les autres pratiques non reconnues (massages chinois, méditation, tai chi, etc.), évolue toujours « dans une zone grise sur le plan réglementaire », reconnaît Alain Baumelou. Il rappelle que la feuille de route du centre de médecine traditionnelle consiste à « évaluer les pratiques de médecine chinoise ». La priorité est donc donnée aux essais cliniques, c’est-à-dire à l’évaluation des soins et non à leur généralisation.

« Offrir une expérience bénéfique »

« Il ne faudrait surtout pas laisser penser que nous sommes en mesure de proposer des séances de Qi Gong à tous les patients qui se battent contre un cancer, insiste le docteur Baumelou. Déjà parce que nous n’en avons pas les moyens numériques. »

Par la force des choses, le service fait donc office de rampe de lancement : « L’idée c’est que les gens aient une expérience bénéfique et qu’ils trouvent les moyens de pratiquer à l’extérieur de l’hôpital. »

Au royaume de la preuve et de la rationalité, les ancestrales pratiques chinoises se plient aux règles. La poignée de patients suivis par Liu Bingkai le sont ainsi à titre expérimental. Ils sont pris en charge gratuitement, à leur demande et avec l’accord du chef de service auquel ils sont rattachés.

Lors des séances de suivi, Liu Bingkai demande à ses patients de remplir un formulaire d’évaluation de leur état de santé correspondant à des normes internationales. Un moyen de contrôler l’évolution de leurs troubles mais aussi de mettre en évidence des « résultats ».

Pour convaincre les patients, la tâche est plus facile. « Je n’entre pas dans des explications détaillées du mécanisme dans un premier temps, dit le docteur Liu Bingkai. La méthode est efficace, c’est quand ils voient les effets sur leur organisme que les patients en retirent la conviction que cela fonctionne. »

Juliette Harau – Journaliste au Monde