ÉTUDE : Efficacité du Qi Gong des 6 sons chez les personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive en rémission

OBJECTIFS :

Étudier l’efficacité d’un programme de 6 mois de Liuzijue Gong (Qi Gong des 6 sons) pour promouvoir la fonction physique et psychosociale chez les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

FORME DE L’ÉTUDE :

Essai contrôlé randomisé.

CADRE :

Sept centres hospitaliers de soins respiratoires à Pékin.

PARTICIPANTS :

Personnes atteintes de BPCO (N = 126 ; âge moyen 71,1 ± 2,7, fourchette 65-85).

MÉTHODES :

Les participants ont été répartis au hasard à l’un des deux groupes suivants : Qi Gong (n = 63) et Contrôle (n = 63). Les sujets du groupe Qi Gong ont participé à un programme de Qi Gong des 6 sons comprenant quatre séances de 45 minutes par semaine et une marche quotidienne de 30 minutes pendant 6 mois. Les sujets témoins (Contrôle) ont marché quotidiennement pendant 30 minutes. La collecte des données a été effectuée au départ, à 6 semaines et à 6 mois. Les principaux résultats concernaient la capacité fonctionnelle et les résultats secondaires concernaient la qualité de vie.

RÉSULTATS :

Le groupe Qi Gong a eu de plus grandes améliorations au test de marche de 6 minutes (P = 0,02), à la conductance spécifique des voies respiratoires (P = 0,02), à l’évaluation des tâches fonctionnelles surveillées (P = 0,04); Étude sur les résultats médicaux – Examen de santé sous forme abrégée de 36 questions (SF-36; état de santé général (P <0,001), au questionnaire santé mentale (P = 0,03); au questionnaire sur la dyspnée chronique (P = 0,05), à la gestion des émotions (P = 0,05) et aux résultats d’un suivi à six mois (P = 0,04). Après 6 mois, le groupe témoin (Contrôle) n’a connu une amélioration significative que pour la santé mentale SF-36 (P = 0,02).

CONCLUSION :

La pratique du Qi Gong des 6 sons améliore la capacité fonctionnelle et la qualité de vie chez ces personnes atteintes de BPCO à l’intervalle de 6 mois et constitue donc une bonne pratique à considérer pour des personnes atteintes de BPCO.

(Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26131612/ « Efficacy of Liuzijue Qigong in Individuals With Chronic Obstructive Pulmonary Disease in Remission« )


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Qi Gong : bases de la pratique

Dans ces quelques lignes, nous allons voir les principes de base pour travailler un Qi Gong préventif et efficace. Pour que celui-ci soit efficace et que vous en tiriez le meilleur parti, votre pratique devra être : simple, sincère et régulière.  

Principe : Soyez simple  

Le Qi Gong est facile à pratiquer, n’importe où, n’importe quand et par tous, avec des techniques facilement assimilables et adaptables à chacun.  

Pratiquer en toute simplicité, c’est aussi ne pas rechercher de résultats ou d’effets particuliers. Laissez-vous allez et cela vous sera donné de surcroît.

Principe : Soyez sincère  

Pour chaque type de pratique, faites ce que vous pouvez, en fonction de vos propres possibilités. Ne forcez jamais ni votre corps, ni votre respiration, et encore moins l’énergie (n’allez pas au-delà de 70% de vos capacités).  

Avec le temps, l’amplitude et l’aisance viendront progressivement. Ne forcez pas, car vous risquez de bloquer la circulation du Qi.  

Votre concentration doit, elle aussi, être simple et détendue. Soyez simplement présent. Si le flux des pensées est trop intense, laissez-le passer et recentrez-vous sur votre respiration.  

Ne luttez pas, si vous n’y arrivez vraiment pas, arrêtez-vous et reprenez la pratique à un autre moment de la journée.  

Principe : Soyez régulier  

Il est préférable de pratiquer le Qi Gong une dizaine de minutes quotidiennement plutôt qu’un très long moment un jour et s’arrêter ensuite.  

Vous mangez tous les jours ? C’est la même chose pour la pratique du Qi Gong.  

Avec peu de mouvements, extrêmement simples à exécuter, chacun doit pouvoir pratiquer et obtenir de bons résultats.  

Principe : Adoptez la bonne attitude : la détente  

Commencez à travailler le Qi ne se limite pas aux quelques minutes quotidiennes d’entraînement spécifique, c’est un travail constant face aux divers événements de la vie.  

Lorsque vous rencontrez une situation de crise, où vous savez que vous pouvez perdre vos moyens ou risquer de sortir de vos gonds, essayez de prendre conscience de votre Qi.  

Si vous êtes raide cela vous sera impossible, car tension et Qi sont incompatibles.  

La tension vous « décolle » du sol et vous donne une sensation de flottement. Seule la relaxation favorise l’enracinement nécessaire à la capture de l’énergie de la terre.  

Le maître mot du Qi Gong : l’apaisement

Le Qi Gong apaise le cœur et la respiration. Ajustez les postures : si votre posture n’est pas juste, l’esprit (le cœur) n’est pas calme.  

Ainsi, la respiration s’emballe et, de ce fait, crée de nouvelles tensions, de nouveaux déséquilibres et la posture n’est plus correcte.  

C’est donc la posture qu’il faut travailler en premier, que vous soyez debout, assis ou couché.  

Une bonne position procure la détente, apaise l’esprit et facilite une respiration lente et profonde.  

Où et quand pratiquer ?  

L’idéal demeure de pratiquer le Qi Gong dehors, dans un lieu dégagé, tôt le matin. Mais cela reste difficilement réalisable en ce moment (excepté pour quelques chanceux qui ont un jardin privé).  

Le matin, l’énergie est encore neuve, l’air pur. C’est un excellent moyen pour vous réveiller en douceur : étirement, massage.  

Cela vous prendra 20-30 minutes avant votre petit-déjeuner (à peine), car s’il faut pratiquer le Qi Gong le ventre vide pour ne pas perturber les énergies, vous devez prendre un petit-déjeuner ensuite.  

Après le long jeûne de la nuit, c’est véritablement le repas le plus important de la journée.  

Ensuite, pratiquez où vous voulez et quand vous voulez, …  

Puis, en fin de journée, réalisez le soir une dernière petite séance pour bien dormir.  

Proposée ainsi, il s’agit donc plutôt d’une pratique de relaxation que réellement de Qi Gong. Alors, votre journée sera parfaitement remplie…de Qi.  

Il convient de rappeler que pratiquer le Qi Gong ne doit jamais être une contrainte. Ce n’est pas un fardeau supplémentaire, au contraire. Soyez régulier, mais ne vous sentez pas contraint.  

Ultimes recommandations  

À la différence des gymnastiques « externe » et des mouvements quotidiens que nous exécutons sans réellement être présent, le Qi Gong exige un ressenti profond, ainsi qu’un « lâcher prise » (prise de conscience du corps dans l’espace).  

Enfin, la lenteur est indispensable pour :

    • unir l’esprit et le geste
    • sortir du stress quotidien
    • affiner l’attention 
    • faire ressortir les tensions internes
    • faire ressortir les émotions enfouies

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(Article inspiré par Gaëtan dans Bien-être et réflexologie)

… pensée du jour …

Respire
fais une pause
lâche-prise
et des miracles
jailliront de toutes parts …

Bonne journée les amis 🙏
✨✨★☯️★──💥──★☯️★✨✨

La respiration et le Qi Gong

Simple phénomène et phénomène complexe

Breathing-QigongDaoist

  • Le souffle universel

Nous savons tous que l’univers se vit dans, et au travers de cycles sans fin. Ces cycles se caractérisent par l’oscillation permanente de phénomènes entre deux pôles. Cette force en mouvement continu est appelée par la médecine traditionnelle chinoise le « Qi » (l’énergie). Elle anime toute chose et la fluidité de l’alternance confère l’équilibre énergétique. Pour la médecine traditionnelle chinoise, l’humain à la naissance possède un potentiel énergétique fondamental légué par les parents par le truchement de l’union des gamètes. Cette énergie fondamentale est soutenue par une énergie que l’on pourrait qualifier de vitale qui se renouvelle d’une part par la respiration indispensable à chaque instant (l’homme au sens générique du terme, reçoit à sa naissance l’inspir et à sa mort « fin de son cycle propre » il rend le souffle) et d’autre part par la nourriture avec pour vecteur le sang mis en œuvre par le cœur. Nous constatons l’importance capitale que prend la respiration dans le cadre de la capitalisation de l’énergie et nous comprenons aisément le rôle qu’elle peut jouer dans la régulation énergétique.

L’humain est animé, stimulé et marqué par ce cycle prodigieux qu’est la respiration, élément de thaumaturgie qui, à la fois excite et entretient la flamme de vie de chacun d’entre nous. L’inspir et l’expir qui encadrent notre existence appartiennent aux cycles universels et sont l’émergence de la manifestation cosmique de l’être vivant.

  • Neurophysiologie et énergie

Doté d’un système de commande double, le système nerveux de l’homme est à la fois sous le contrôle de l’un et l’autre de ces composants: le système nerveux dit volontaire ou cérébro-spinal et le système autonome dit neurovégétatif. La respiration pure et instinctive est le fait du système neurovégétatif par action des fonctions para et orthosympathiques. Nous constatons donc que ce système est non seulement autonome mais qu’il est aussi bipolaire et relève de fait de la manifestation énergétique. Ainsi, si nous imaginons un homme libéré de toute stimulation interne ou externe, nous pourrions observer un être en parfait équilibre énergétique et donc en parfaite santé. Heureusement il n’en est rien car cet être de stabilité parfaite, insensible aux stimulations et variations, serait un être végétatif, sans réaction, incapable de création et d’adaptation. Pour cela, la nature nous a généreusement offert de façon concomitante, une petite glande bipolaire: l’hypothalamus en relation avec l’amygdale, centre du stress. Cette glande est le siège d’une zone d’activation dite ergotrope et d’une zone de désactivation dite trophotrope. Elle gère le cerveau limbique, haut lieu de l’émotion et de fait, l’hypothalamus peut être considéré comme le chef d’orchestre du système autonome. Par ailleurs, nous avons dit que l’homme possédait un système volontaire qui est le siège des réalisations par action de la pensée ou “intellect”, lui aussi en relation étroite avec l’hypothalamus. Nous constatons que notre système automatique de respiration va être le sujet de nombreuses variations, « activation-désactivation-activation » dues, d’une part à la stimulation émotionnelle et d’autre part à la pensée parfois animée par l’imaginaire, sans oublier l’activation sensorimotrice-motrice. A l’instar des autres grandes fonctions, la respiration échappe ordinairement à notre attention. C’est ainsi qu’elle devient le reflet de nos aspirations, de nos émotions, de nos désirs conscients et inconscients et par là même de nos tensions. Notons ici deux caractères d’importance qui qualifient les sujets sensibles : l’hyper-émotivité et la pensée accélérée. L’homme se vit au travers et dans sa respiration; nous savons aussi que la respiration intime cellulaire couple la fonction pulmonaire et les fonctions cardiaque et circulatoire, autant dire que la respiration est : “ le corps vivant”. C’est pour cela que le taoïsme considère le poumon (la respiration) comme étant le maître des énergies, et que le bouddhisme conçoit l’attention portée au corps et à la respiration comme source du bien-être et science de la connaissance de soi. Par la lunette des connaissances occidentales, nous savons que la respiration qui nourrit notre souffle de vie (l’énergie) intéresse toute notre conscience. Parce que connectées aux émotions et à la pensée, ces variations vont se traduire dans le corps sous forme de tensions pour prendre le nom de manifestations de l’émotion ou psychosomatiques. Quand les déséquilibres seront de courte durée (ex: blocage momentané en activation, suivi de récupération) et vecteurs de créativité, ils seront répertoriés comme stress positifs dans la mesure où ils participeront à l’accomplissement de l’être humain. Dans ce cas, la respiration après une légère « dé-régulation » revient naturellement à son état d’origine. Quand les déséquilibres s’installeront (ex: blocage dans le temps en activation sans phase de récupération suffisante) accompagnés de troubles psychosomatiques durables, ils seront qualifiés de stress pathologiques (ou blocages énergétiques). On observera alors une perturbation durable de la respiration, notamment si ces nouveaux déséquilibres se construisent sur un terrain déjà tendu et perturbé. De tels blocages ne sont pas anodins dans la mesure où, à terme, ils induisent: troubles du comportement dont l’inhibition et l’irritation, somatisations dont les contractions musculaires et les spasmes viscéraux, troubles psychologiques dont l’angoisse et la dépression ; s’ils perdurent, ils peuvent engendrer des maladies chroniques ou à causes insoupçonnées. Dès l’instant où nous nous référons à ce qui vient d’être développé, laisser la respiration sous le seul contrôle du système autonome, nous paraît, sinon dangereux, tout au moins faire preuve de la plus grande insouciance. Mais la nature nous a donné un contrôle possible sur notre propre respiration par le système volontaire; sans doute pour nous permettre la régulation énergétique en cas de besoin. Nous serions bien innocents ou irresponsables de ne pas utiliser les moyens qui sont les nôtres, cela serait se faire injure que de s’ignorer à ce point. Ainsi, je considère que l’une des missions qui revient aux instructeurs est d’enseigner « le bon respir ». Bien avant nous, les taoïstes avaient compris l’importance de la respiration et sa nécessaire maîtrise pour mobiliser l’énergie vitale en énonçant : « c’est le Y qui commande le Qi », c’est-à-dire que si la respiration est le vecteur de l’énergie vitale, c’est le mental qui commande à l’énergie.

En résumé, les agitations internes et externes (ex: angoisse-peur ou encore rumination-soucis) modifient notre respiration dans sa phase automatique, avec pour corollaire, des malaises et des états de panique.La régularisation de notre respiration par le contrôle volontaire apportera l’éradication des manifestations désagréables, nous permettra de prendre du recul et de conserver un état lucide là où il y avait affolement. Ceci est bien entendu vrai pour tout un chacun, et plus particulièrement pour ceux qui développent une certaine incapacité à réactiver les circuits de récupération. Ce qui revient à dire que plus nous avons du mal à nous accorder du temps pour un travail sur soi, pour un travail sur notre respiration, plus nous sommes en danger et avons besoin de ce rééquilibrage.

  • Respiration et symboles

Y a-t-il de bonnes et de mauvaises façons de respirer?

A cette question ma réponse est la suivante: la nature, le grand principe ou le divin, comme il vous plaira nous a doté d’un appareil respiratoire composé de deux cloches: la cloche thoracique et la cloche abdominale toutes deux capables d’animer notre respiration et c’est bien entendu pour nous servir de l’une et l’autre. Le seul problème qui se pose réellement est de savoir si je souhaite prendre conscience de ma respiration, de me donner les moyens de la maîtriser afin de la guider à ma guise. Dès lors, chef de ma respiration et selon mes objectifs, j’utiliserai l’un ou l’autre des éléments ou encore, je composerai la puissance des deux pour obtenir les effets souhaités. Opposer la respiration abdominale à la respiration thoracique procède d’une démarche stérile. Elles sont complémentaires dans la mesure où elles ouvrent la conscience humaine vers le haut (yang) et vers le bas (yin). J’aime le sens que donne Gilbert ANDRIEU aux deux formes de respiration à travers sa lecture des mythes inscrits dans l’histoire imagée de la corporalité. Il s’agit du mythe d’Hercule et de celui de Narcisse. En ce qui concerne le premier, Hercule ventre creux, poitrail à la « Rambo » accède à l’immortalité par la lutte et la transcendance de la souffrance; c’est en allumant lui-même son bûcher qu’il retrouve les dieux. Il est le symbole de la force de la volonté et de la respiration placée en haut. En ce qui concerne le second, Narcisse, ventre souple, regard perdu, il est centré sur lui-même, sur l’amour de soi; c’est en se laissant glisser dans son miroir aquatique qu’il atteint l’abandon du moi en se noyant. Il est, dès lors, le symbole du lâcher prise, de l’intériorisation et de la respiration placée en bas.

« Je crois qu’il faut dépasser le sens populaire ou du moins attribuer d’autres valeurs à ces deux mythes pour comprendre les différences… » Gilbert ANDRIEU.

Hercule est le symbole de la recherche d’une déité qui lui est extérieure. Quant à Narcisse c’est en se fondant en lui-même qu’il devient le symbole de la recherche de la déité interne.

« L’eau est ici l’intermédiaire en tant que miroir purifié, et nous voyons bien que le sens populaire accordé au narcissisme ne retient pas la sublimation qui déifie Narcisse. »

Gilbert ANDRIEU

Curieusement, les mythes d’Hercule et de Narcisse nous ramènent à la symbolique de l’eau et du feu, c’est-à-dire à celle du Yin et du Yang propre à la théorie de la dynamique cyclique qui anime la circulation énergétique dans le cadre de la médecine traditionnelle chinoise. La philosophie taoïste propose, par le travail sur soi et la respiration, une voie médiane qui est l’union de l’eau et du feu, autrement dit l’union de la perfection passive du Yin et de la perfection active du Yang. Si nous retenons et appliquons cette philosophie, que constatons-nous?

  • que la respiration intéresse l’homme dans sa dimension holistique,
  • qu’elle est cyclique et par conséquent énergétique,
  • qu’elle constitue un lien entre l’interne et l’externe,
  • que son écoute nous permet de vivre et d’intégrer des paradoxes à travers nos sensations : être à la fois: lourd-léger, totalement présent-totalement absent, corporalisé-décorporalisé…
  • qu’elle nous conduit d’une notion extrême à l’autre par le jeu de l’inspir – expir : prise de conscience possible d’un cheminement de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Quand nous étudions les techniques et sciences occidentales, et les techniques et sciences orientales en matière de développement personnel, nous pouvons par la médiation de la respiration faire cheminer l’une et l’autre de concert avec aisance, loin des polémiques d’écoles. Nous savons maintenant que nous sommes dotés d’un appareil respiratoire activé à deux niveaux : thoracique et abdominal. Nous connaissons la dimension énergétique (bipolaire) de la respiration et la nécessaire prise en charge de ce processus à certains moments. Nous avons compris les mécanismes neurophysiologiques. Il nous reste désormais à savoir pourquoi respirer de telle manière plutôt que de telle autre ? Puis faire nos choix en fonction des objectifs que nous nous sommes fixés. Je vais donc vous proposer plusieurs formes de respiration. Néanmoins avant d’aborder les sujets techniques, il est bon de réfléchir aux troubles que peut provoquer une respiration anarchique laissée à la seule régulation de l’inconscient.

  • Respiration et troubles

Plus notre vivacité à capter une grande quantité de messages est importante, plus nous développons de stress ; notre angoisse peut alors augmenter et notre seuil de rupture peut parfois être rapidement atteint. Les modifications de la respiration sont alors inéluctables. Au seuil de rupture, l’organisme sombre dans l’anarchie. Dans un premier temps, les modifications dues au stress entraînent un blocage du diaphragme (dans certains cas la tétanisation diaphragmatique peut s’accompagner de nausées, de douleurs épigastriques, ou encore entraîner des dérangements « inter-vertébro-mineurs » de la charnière dorso-lombaire avec toutes leurs conséquences). Puis progressivement, les tensions gagneront les chaînes musculaires dorsale et cervicale et s’accompagneront de toute une cohorte de malaises, de souffrances et parfois de sensations vécues par le sujet comme très graves (vertiges, impression de mourir ou de devenir fou). Dès le début, les symptômes sont accompagnés de ralentissements respiratoires ou de blocages qui vont plonger le sujet dans une sorte d’hypoxie alertant l’hypothalamus et les centres nerveux de commande de la respiration. Comme un noyé à la recherche de l’ultime aspiration, la personne va tout mettre en œuvre, hormis la fonction diaphragmatique qui est bloquée, pour s’oxygéner. Ceci se traduit par une accélération de la respiration et une augmentation du travail thoracique concrétisée dans ce cas par une forte élévation des épaules à l’inspir. C’est la respiration panique. L’hyper-ventilation qui en résulte modifie le “ph” sanguin et cette oxygénation excessive va avoir des effets sur les cellules musculaires déjà en hyperactivité neuromusculaire. Les tensions sont alors accrues. Chez le sensible, le phénomène peut aller jusqu’aux crampes voire la tétanie; ces derniers cas sont alors répertoriés dans la symptomatique de la spasmophilie.

  • La respiration abdominale

L’angoisse, les tensions et la peur subséquentes, sont responsables des blocages et malaises, mais le fait est établi, nous avons l’inouïe possibilité de dépasser les états de crise, par la régulation de la respiration. Il va donc falloir, pour inverser ce dysfonctionnement, réhabiliter la fonction diaphragmatique qui échappe à notre volonté en forçant la mobilisation de ce plancher musculaire afin de le libérer.

Mise en place des mécanismes

Pour ce faire, nous utiliserons la sangle abdominale. La sangle abdominale est constituée de trois groupes musculaires. Les obliques sont les responsables de la rotation du buste, les grands droits sont les responsables de la flexion du buste (rapprochement de la pointe sternale et de la symphyse pubienne), ces derniers interviennent partiellement dans le processus de respiration avec les abdominaux et enfin les transverses qui sont à la fois les muscles du maintien de la masse viscérale et ceux de la respiration basse. En contractant les muscles abdominaux pour rentrer le ventre ou si vous préférez en essayant de rapprocher l’ombilic de la colonne lombaire, la paroi de l’abdomen va exercer une forte pression sur la masse viscérale (autrement dit sur de l’eau), c’est-à-dire un fluide incompressible. Cette masse va du fait de cette poussée chercher à se déplacer. Vers le bas elle sera contenue par le bassin et le périnée, plancher musculaire épais et de petite surface, vers l’arrière elle se heurtera sur le mur lombaire. C’est donc le plancher diaphragmatique qui cédera le premier du fait de sa large surface. Pour autant, tout n’est pas gagné, parce que le diaphragme en étant refoulé vers le haut va rencontrer un fluide compressible: l’air et il est d’importance de penser à souffler en même temps que l’on rentre le ventre. Cet exercice demande une double commande et par conséquent l’animation de deux chaînes neuronales; ne vous découragez surtout pas si vous n’y arrivez pas dès la première fois. Par ailleurs, il est important de contrôler le thorax, de telle sorte qu’il ne remonte pas lors du refoulement diaphragmatique. Allez bien jusqu’au bout de votre souffle avant de relâcher la paroi abdominale et de procéder à l’inspir par la seule détente du ventre. Cette façon de respirer a pris le nom de respiration abdominale.

Le déblocage du diaphragme va demander dans un premier temps un effort sérieux et nous devrons forcer les expirations avec énergie. Cette respiration abdominale forcée est éprouvante, elle sera menée sur quelques cycles seulement. Les personnes les plus aguerries pourront utiliser une respiration abdominale rentrée c’est-à-dire en fin d’expiration faire un ultime effort pour tenter de faire passer l’épigastre derrière l‘appendice xiphoïde. Le diaphragme débloqué, nous allons nous appliquer à contrôler notre respiration en privilégiant l’expir. Les inspirations seront naturellement enchaînées avec les expirations de plus en plus longues, sans violence ni panique et juste pour couvrir notre besoin d’oxygénation.

Effets

La respiration abdominale est la première clef pour gérer les crises d’angoisse. Mise en place dès les premières manifestations de perturbation, elle est efficace pour annihiler les processus de dysharmonie. Les résultats: régulation du souffle, libération des états d’oppression, réhabilitation de la fonction parasympathique, début de détente permettant de nouveau l’autocontrôle. Parallèlement, s’il y a persistance d’une sensation de tension ou de douleur au plexus solaire, il est possible de stimuler par simple pression le point d’acupuncture dit « jiuwei ou 15 VC » afin de mieux réguler la fonction cardiaque et augmenter le calme.

  • a respiration en soufflet

La respiration en soufflet est une respiration complète dans la mesure où elle met en œuvre à la fois les dynamiques abdominale et thoracique. Elle s’apparente en ce qui concerne l’état d’esprit à la pratique de la respiration abdominale (respiration basse). Cette respiration remplace avantageusement la respiration abdominale pour le sujet peu angoissé. En effet, ce mode de respiration mobilise une plus grande quantité d’air et permet une expiration plus longue tout en maintenant une oxygénation de bonne qualité. Nous avons vu que l’expiration était couplée au système parasympathique, c’est pourquoi le souffle long favorise la dynamique des fonctions de récupération et de détente.

Mise en place des mécanismes

Commençons comme pour une respiration abdominale par une expiration en rentrant activement le ventre. Pour inspirer, gonflons le ventre et quand nous avons la sensation d’avoir totalement mobilisé la partie abdominale, continuons l’inspiration en mobilisant cette fois le thorax. Les côtes s’écartent, le sternum se soulève et dans le même temps le diaphragme, sans qu’il y ait d’action volontaire, est naturellement attiré vers le haut, ce qui provoque un léger effacement de l’abdomen. Il s’agit du signal qui marque la fin de l’inspiration. Relâchons maintenant le thorax, l’abdomen se repositionne vers l’avant, puis expirons lentement en abaissant le thorax et en resserrant les côtes et finalement allons jusqu’au bout de notre expiration en rentrant le ventre sans forcer exagérément. Enchaînons à nouveau inspiration abdominale, thoracique puis expiration thoracique, abdominale et ainsi de suite. Cette respiration doit être fluide, sans blocage afin que les phénomènes s’enchaînent naturellement pour vivre la magie de l’inversion.

Effets

La respiration en soufflet est efficace pour annihiler les processus de dysharmonie en général. À l’instar de la respiration abdominale, elle permet de lutter contre l’angoisse et approfondit les états de détente. Les résultats: régulation de l’acidose du sang, régulation de la fonction parasympathique avec pour conséquence l’amélioration de l’homéostasie, état de détente approfondi.

  • Les respirations de calme

Il s’agit en fait d’une modulation des respirations précédentes avec pour objectif un état de détente totale. Nous avons par conséquent le choix, pour atteindre un calme profond, d’utiliser la respiration en soufflet dans la mesure où nous ne sommes pas sujets à des tensions majeures ou la respiration abdominale si nous ressentons un reliquat d’angoisse. Pour pratiquer la respiration que nous avons choisie avec bénéfice, il est important de s’installer dans un lieu correctement aéré, bénéficiant d’une ambiance thermique confortable, relativement calme et dans lequel nous puissions nous sentir en sécurité. Par ailleurs, il faut choisir un moment de la journée où nous ne sommes pas trop en état d’excitation. Nous pourrons mener cette respiration dans l’une des trois positions fondamentales; en outre, il est intéressant de la pratiquer en extérieur quand les conditions atmosphériques le permettent.

Protocole

Installons-nous confortablement. Puis tenons-nous un petit monologue marquant l’importance de cette rencontre avec nous-mêmes, et de ce travail que nous sommes seuls à pouvoir réaliser. Interrogeons-nous maintenant sur notre état de tension physique pour nous inviter à relâcher le maximum de contractions et plus particulièrement là où nous savons être porteurs de tensions chroniques. Prenons conscience que nous sommes des êtres « respirant », et observons les échos corporels qui résultent de ce phénomène naturel. Après un certain temps d’écoute, procédons à la mise en place de la respiration choisie. Dès lors, expirons lentement, puis inspirons sans forcer afin d’obtenir une respiration harmonieuse et confortable. Dans un premier temps, il est bon d’expirer par la bouche en laissant juste un petit orifice ouvert pour exhaler. Ce procédé va d’une part favoriser le contrôle de l’expiration et d’autre part, provoquer une petite vibration, témoin de notre phénomène énergétique. Il nous reste alors à surfer en détente sur notre propre souffle. Ce mode de respiration est favorable pour engendrer le sommeil et même en cas d’insomnie tenace, si nous poursuivons nos efforts durant tout le temps de repos qui nous est imparti, nous aurons l’agréable surprise d’avoir totalement récupéré. Nous vivrons alors confortablement notre journée comme si nous avions dormi toute la nuit précédente.

Effets

En allongeant le souffle le plus possible, nous favorisons d’autant plus la stimulation du parasympathique, nous allons donc favoriser le bon fonctionnement des systèmes de récupération en entraînant la chute des tensions physiques et émotionnelles. Moins d’activité physique, moins d’émotion se traduisent par un moindre besoin d’oxygène, et le souffle sans effort va encore pouvoir s’allonger. Quant à la concentration de l’acuité mentale sur la vibration lors de l’expiration et de l’inspiration, elle se traduira à terme par l’élimination de l’agitation de l’intellect. Le mental calme, les émotions maîtrisées, le “ph” sanguin équilibré, les somatisations éliminées, le système sympathique régulé, nous assisterons, parce que ce système est couplé avec le système neuroendocrinien à une augmentation des défenses immunitaires. Par ailleurs, la psycho-neuro-immunologie, science émergeante, pourrait sans doute nous expliquer les principes de la libération d’endorphine liée au bien-être et à l’humeur, d’une part et d’autre part, l’élévation des taux de DHEA, hormone stéroïde ayant un effet positif sur la santé. Sur le plan énergétique, le pratiquant retrouve progressivement l’harmonie qui confère : pleine possession de son capital vital, de ses potentialités et de sa créativité naturelle. Celui qui possède bien ce mode de respiration et s’y adonne avec assiduité, se met déjà à l’abri de bien des déconvenues. D’autre part, ce mode respiratoire permet de pratiquer avec bénéfice les systèmes de sons énergétiques taoïstes ou bouddhistes. Pour les personnes qui aiment la pratique de la pleine conscience ou « mindfulness », cette respiration en posture de méditation peut nous conduire à l’union des extrêmes et à la vacuité, quintessence des états méditatifs.

  • La respiration taoïste

La respiration taoïste, encore appeler respiration inversée est aussi une respiration complète qui permet la mobilisation de l’énergie dans les méridiens utilisés dans l’acupuncture, les huit merveilleux vaisseaux et de façon plus générale dans tout l’être. Dans cette respiration nous allons nous servir essentiellement de la cage thoracique, en nous contentant de contrôler la sangle abdominale.

Mise en place des mécanismes

L’inspiration se réalise par l’ouverture de la cage thoracique par l’élargissement des côtes. Il convient en parallèle d’ouvrir le thorax en laissant monter légèrement les épaules par bascule des omoplates afin de permettre l’élévation du sternum et la libération, autant que faire se peut, des deuxièmes et premières côtes pour baigner d’air le sommet des poumons. L’expir se fait à l’envers par l’abaissement des côtes et fermeture du thorax. Cette dernière manœuvre abaisse également le diaphragme et crée une pression qui a tendance à propulser l’abdomen vers l’avant. Il est nécessaire d’éviter ce laisser aller de l’abdomen qui à terme pourrait se transformer en ptose abdominale voire dans le temps produire des hernies inguinales. Par conséquent, si vous n’avez pas été correctement initié abstenez vous de cette pratique.

Effets

Rappelons que le qi gong a pour objectif la libération de l’énergie et son développement. Or, nous savons qu’en médecine traditionnelle chinoise le poumon est considéré comme étant le maître de l’énergie. La respiration taoïste a pour effet premier de développer la cage thoracique et son contenu : les poumons. Secondairement, elle a un effet positif sur les fonctions des organes du haut du tronc et à l’instar des respirations complètes, un impact correctif sur l’équilibre postural.

  • La respiration athlétique ou d’hyper oxygénation

La respiration athlétique, est en fait une respiration assez proche de la respiration taoïste, c’est une respiration complète qui permet la mobilisation de l’énergie dans le corps en vue d’un effort physique ou d’une action de récupération. Pour autant, cette respiration n’intéresse pas seulement les pratiquants d’exercices physiques, car par son amplitude et la mobilisation des diverses chaînes musculaires et ostéo-articulaires c’est une véritable gymnastique d’entretien. Dans le cadre d’exercices de développement personnel, la respiration athlétique est un moyen extraordinaire d’activation corporelle qui nous offre une possibilité d’écoute sensorielle globale de grande qualité. Son utilisation peut, pour qui le souhaite, être introduite avec avantage dans la pratique du « qi gong ». Par ailleurs, le matin c’est une bonne manière de respirer devant sa fenêtre ouverte ou si possible dehors pour éliminer des poumons l’air vicié accumulé par le ralentissement de la respiration pendant la nuit et ainsi, mieux se réveiller pour démarrer la journée (temps de pratique de deux à cinq minutes).

Mise en place des mécanismes

Comme pour les respirations précédentes, commençons par une expiration abdominale. Pour inspirer, gonflons le ventre et progressivement enchaînons avec l’inspiration thoracique. Pour expirer, rentrons le ventre par un mouvement actif des abdominaux et tout en continuant d’expirer, vidons la cage thoracique en arrondissant plus ou moins le haut du dos selon l’effet souhaité et serrons les côtes de façon tangible jusqu’à la fin de l’expiration. Enchaîner à nouveau inspiration abdominale, thoracique puis expiration abdominale et thoracique et ainsi de suite. Cette forme de respiration est importante pour la pratique d’exercices physiques et sans rentrer dans le détail, nous pouvons retenir deux aspects de cette pratique: rapide et profonde elle prépare à l’effort, lente et profonde, elle permet une récupération active et rapide.

Effets

Le diaphragme va subir lors de cette respiration un grand massage interne l’assouplissant et le tonifiant avec pour effet une efficience accrue de la fonction respiratoire : accélération de la ventilation d’une part et rythmes plus amples d’autre part. La respiration athlétique présente l’avantage de pouvoir conduire une respiration profonde et le brassage d’un volume d’air conséquent. En outre, la mobilisation active du diaphragme représente un véritable massage des viscères, ce qui favorise le retour sanguin dans les veines : veine porte, veine sus-hépatique… et par conséquent une oxygénation de qualité dans les organes. Avertissement : ce mode de respiration ne doit pas être utilisé par des personnes angoissées, déprimées, sujettes à de grandes fatigues ou encore par des personnes présentant des déficiences cardiaques.

  • La respiration force

Ce mode de respiration combine plusieurs types de respiration. Il demande une grande coordination des différents planchers, un développement musculaire suffisant qui doit être travaillé avec les respirations vues précédemment ; il ne peut par conséquent être pratiqué sans un apprentissage sérieux et contrôlé.

Effets

L’acquisition de cette respiration offre la possibilité d’une mobilisation maximum de l’énergie, elle est une véritable gymnastique respiratoire avec pour effet le renforcement des muscles abdominaux. Sur le plan psychologique elle permet le contrôle des émotions et l’émergence d’un sentiment de force qui permet de faire face aux situations difficiles. Mais avant tout, la forte pression intra abdominale qu’elle produit, va sensibiliser le pratiquant à la perception du « tan tien » inférieur qui est ce point au milieu du ventre, considéré comme le centre majeur de l’énergie chez l’être humain.

  • La respiration conçue comme une hygiène de vie

Pour notre harmonie, à fortiori pour notre santé nous avons tout intérêt à perfectionner la maîtrise de notre respiration. Un court apprentissage va permettre à chacun de s’initier et de mettre en place un entraînement régulier, si possible quotidien, c’est la loi de l’entraînement bien connue des sportifs et des musiciens. Les modes de respiration explicités précédemment répondent à des objectifs précis, à vous de les expérimenter, de vous les approprier et de les utiliser en fonction de vos besoins. Les respirations de calme retiendront particulièrement notre attention; en les pratiquant suffisamment et en les faisant évoluer, ces modes de respiration induisent la possibilité de se relaxer de la façon la plus simple. Faire le choix d’une prise de conscience et d’un contrôle respiratoire fréquent constitue une hygiène de vie capable d’équilibrer toutes les fonctions de l’homme. Autonome et responsable, notre investissement dans la pratique nous éloigne des états de pénibilité, nous rend la vie plus agréable, plus confortable et sans aucun doute plus joyeuse.

  • Conclusion

Il existe bien entendu de nombreuses autres manières d’approcher la respiration et nous pouvons les considérer comme innombrables. Certaines écoles ont érigé leurs techniques respiratoires en véritables disciplines comportant théories et dogmes, d’autres comportent de nombreuses subtilités qui risquent de faire oublier l’essentiel. Je me suis proposé ici de réfléchir sur des modes de respiration totalement intégrables à la pratique du qi gong, mais aussi à toute pratique de développement personnel.

(Article de Gilbert GUILLEMOT)

Bibliographie

  • A la découverte du qi gong – Yves REQUENA – éd Guy Trédaniel
  • Anatomie de la conscience – anatomie sophrologique – Miguel GUIRAO – éd Maloine
  • Dictionnaire des symboles – éd Robert Laffont / Jupiter
  • Comment respirer pour vivre mieux – Pierrette MANZI – éd De Vecchi
  • La santé par le chi kong – Louis WAN DER HEYOTEN – éd l’Originel
  • La respiration complète et contrôlée – Dr Jean DERMEYER – éd Diffusion nouvelle du Livre
  • La sophro-dynagogie – Yves DAVROU – éd Retz
  • Le livre du kiaï et des kuatsu – Robert LASSERRE – éd Judo
  • Le nouveau souffle – Dr José HUBERT et Dr Jacques LECOMTE – éd Education Santé
  • Précis d’acuponcture chinoise – éd Dangles
  • Précis de médecine chinoise – Pr E MARIE – éd Dangles
  • Qi gong : exercice énergétique de santé – Dr Joséphine ZÖLLER
  • Savoir respirer – Dr René LACROIX – éd Dangles
  • Sophrologie et sports – R.ABREZOL – éd Chiron
  • Souffle et énergie – MIAN SHENG ZHU, M.ANGLES et S.DARAKCHAN – éd du Rouergue
  • Sports arts et religions – Actes du congrès de Larnaca 88 – Gilbert ANDRIEU
  • Le stretching ou la gymnastique de l’instinct – JP MOREAU- éd Sand & tchou
  • Zen et arts martiaux – TAISEN DESHIMARU – éd Albin Michel
  • Zen et self control – Dr IKEMI et TAISEN DESHIMARU – éd Albin Michel

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(« Le bien-être par le Qi Gong »)

Le Qi Gong, qu’est-ce que c’est, comment ca marche?

Dans une société où tout va vite et où l’on est de plus en plus sollicité par les contraintes extérieures, il est nécessaire de trouver un équilibre corporel, émotionnel et relationnel, dans le calme et l’écoute de son intériorité : le Qi Gong s’inscrit dans cette démarche.

Le Qi Gong littéralement « travail de l’énergie » est une gymnastique de la tradition chinoise dont les origines remontent à plus de 5000 ans,. Elle a pour but l’entretien de la santé et s’adresse à tous, sans limite d’âge ou de condition physique. Elle associe mouvements lents et postures statiques, respiration et travail du souffle, concentration et conscience corporelle.

Le Qi Gong constitue un support quotidien qui donne les moyens d’agir sur le corps et le soi intérieur aussi bien dans la vie privée, professionnelle, que dans des domaines aussi différents que la santé, les loisirs, l’art…

Avec l’entraînement, vous sentez qu’il se passe des choses dans votre corps mais aussi dans votre façon de penser et de réagir aux différentes situations de la vie quotidienne… vous apprenez à être en phase avec ce que vous êtes profondément, jusqu’à ne plus avoir cette impression inconfortable de subir le rythme de la vie. Vous acquérez la faculté de maîtriser les situations. Les séances peuvent aussi avoir un but thérapeutique agissant de façon ciblée sur certains organes ou fonctions de l’organisme.

Le Qi Gong (qui est une des 5 branches de la Médecine Traditionnelle Chinoise) est basé sur le concept de « l’énergie », qui est d’ailleurs commun à l’acupuncture, la diététique, la pharmacopée (phytothérapie chinoise), les arts martiaux ou le Feng Shui. En réalité, en agissant directement sur l’énergie qui réside en nous, le Qi Gong est le trait d’union de toutes ces disciplines. Autrement dit, c’est la technique de base qui permet de vivre mieux, plus longtemps et en pleine vitalité.

 Le Qi Gong prend la forme d’une gymnastique douce où les exercices s’enchaînent selon des mouvements lents, souples et harmonieux nécessitant une certaine concentration. Associé à la respiration, ces exercices renforcent et tonifient le corps, maintiennent le coeur et surtout, ils nous aident à développer notre vitalité et à la renouveler afin de permettre à chacun d’utiliser le meilleur de ses capacités et même de découvrir des aptitudes insoupçonnables.

Il existe plusieurs types de séances. Selon les postures, la respiration, la concentration, la position (debout, assis), le rythme des mouvements (immobile, ondulations…), on obtient des effets différents. Certaines séances mettent l’énergie en circulation dans tout le corps (au travers des trajets des méridiens) afin de favoriser la régénérescence des tissus (os, vaisseaux, organes, muscles, glandes endocrines). Leur pratique régulière peut suffire à ralentir l’usure de l’organisme et ainsi à augmenter notre longévité. D’autres séances travaillent sur les méridiens ou les organes et permettent de développer une énergie plus subtile et plus pure favorisant la méditation.

Gino Micucci – Professeur de Qi Gong

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Les trois axes de travail en Qi Gong

Les trois axes de travail en Qi Gong sont : les mouvements, la respiration, et la concentration de l’esprit.

 

I. Les mouvements :

Les exercices traditionnels chinois souples et lents permettent de mobiliser consciemment la circulation de l’énergie au lieu de se laisser dominer par des crispations involontaires liées au stress et favorisent le relâchement des tensions musculaires. Ces mouvements étirent et tonifient les muscles, calment le cœur, évacuent la fatigue physique et renforcent les articulations, le fonctionnement des organes internes ainsi que le système immunitaire. La pratique du Qi Gong permet à chaque individu d’acquérir une meilleure connaissance de soi par l’écoute de son corps et la découverte de nouvelles sensations :
– ouverture et fermeture du corps,
– lourdeur, sensation d’enracinement dans les pieds et légèreté, sensation d’envol dans le haut du corps,
– déplacement du poids du corps,
– sensation de vide (Yin) et de plein (Yang),
– stimulation de l’énergie Yang qui descend du Ciel sur l’arrière du corps et de l’énergie Yin qui monte de la Terre sur l’avant du corps,
– massage des méridiens d’acupuncture,
– rotations des bras, de la colonne vertébrale, de la tête,
– enroulement et mouvement de vague de la colonne vertébrale,
– flexion et extension des articulations,
– torsions du bassin à gauche et à droite,
– antéversion et rétroversion du bassin (cambrure et bascule en avant),
– croisement des jambes collées avec descente dans les genoux
– l’axe vertical entre le périnée (Hui Yin, 1VC, Réunion des Yin) et le sommet du crâne (Bai Hui, 20 VG, Cent Réunions),
– alignement des trois Dan Tian ( supérieur, médian et inférieur),
– prise de conscience du centre de gravité,
– trois horizontalités : le bassin, les épaules et les yeux, – synchronisation des mouvements des bras et des jambes,
– les 3 harmonies externes : liens entre les articulations : épaules-hanches, coudes-genoux, poignets-chevilles, – étirement et relâchement,
– relaxation et détente de l’abdomen (mobilité du diaphragme), de la ceinture pelvienne (bassin), de la ceinture scapulaire (épaules et thorax), des membres et du visage,
– fluidité dans l’enchaînement des exercices,
– harmonie entre les mouvements et la respiration,
– les mouvements lents et souples font circuler l’Énergie jusqu’au bout des doigts.
Chaque pratiquant évolue à son rythme selon ses capacités physiques et en fonction de ses attentes (enrichissement personnel, découverte et mémorisation d’une méthode, désir de retrouver un équilibre physique ou psychologique, recentrage des émotions, entretien de la santé, ou simplement le plaisir de pratiquer en groupe…). La pratique régulière permet d’observer des effets physiques et physiologiques sur le corps humain tels que le renforcement des tendons et ligaments, la tonification des muscles des jambes, une meilleure souplesse, le développement de l’équilibre, le relâchement progressif des tensions, la prise de conscience de son schéma corporel et l’harmonisation progressive des énergies internes.

II. La respiration :

La respiration libre, ample, profonde et abdominale permet, par un massage des organes internes, une meilleure oxygénation de tous les tissus et une meilleure assimilation des aliments. La respiration énergétique assure par le rythme régulier du diaphragme une ventilation normale qui libère le stress, les tensions de la région sternale et abdominale et permet d’évacuer les excès de chaleur. Les mouvements de Qi Gong atteignent leur efficacité par le fait que les personnes prennent le temps d’être à l’écoute des vibrations internes de leurs corps grâce notamment à la respiration abdominale (naturelle ou paradoxale) qui renforce l’énergie interne au Dan Tian, la Mer des Énergies qui se trouve à trois travers de doigts sous le nombril. Les inspirs et expirs sont profonds, lents, réguliers et silencieux avec parfois de courts instants de rétention du souffle. Cette respiration abdominale, favorise aussi une meilleure oxygénation de tous les tissus ainsi un massage des viscères. Par respiration abdominale, il faut comprendre que l’on gonfle légèrement le ventre en inspirant tout en poussant l’air des poumons vers le bas c’est-à-dire en descendant le diaphragme vers le bas ce qui opère un massage sur les organes internes tels que le foie, l’estomac , la rate, les intestins….

III. La concentration de l’Esprit :

Le QI GONG favorise l’harmonisation entre le corps et l’esprit. Cette gymnastique a un effet bénéfique sur la mémoire, la confiance en soi, la clarté, l’ouverture d’esprit qui améliorent rapidement l’attention au travail ainsi que les contacts relationnels. Le QI GONG permet d’évacuer la fatigue mentale, les soucis, les maux de tête et de chasser les émotions néfastes telles que colère, frustrations, agressivité ou anxiété. La présence de l’esprit, le Yi, l’intention dans le mouvement est ce qui différencie le Qi Gong de tout autre gymnastique sportive. On chasse de son esprit les soucis, les tracas matériels, les pensées de la vie quotidienne, l’esprit se vide, la vacuité apparaît afin de permettre une concentration de l’esprit pour :
– Vivre le moment présent, être là physiquement et mentalement,
– Habiter pleinement son corps,
– Avoir l’intérieur du corps en union avec ce qui l’environne,
– Être en harmonie avec la nature,
– Prendre conscience de soi, de sa position d’Homme debout entre Terre et Ciel,
– Prendre conscience de l’expression de son geste, de l’ensemble du mouvement mais aussi perception tissulaire des flux d’énergies,
– Ne pas disperser les énergies,
– Suivre les méridiens d’acupuncture ou poser son attention sur un point précis,
– Ramener les énergies au centre, à Dan Tian.

La pratique du Qi Gong conduit à avoir un esprit calme dans un corps détendu.

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Le Qi Gong (article « Bien et Bio ») – « entraînement énergétique »

Screenshot from 2015-03-14 17:06:51Que les Chinois soient des millions à pratiquer des exercices quotidiens, sur le pas de leur porte, dans les parcs ou même à l’usine, est de notoriété publique; il s’agit généralement de Tai Ji Quan et de Qi Gong (se prononce tchi koung). Ensemble, ces deux approches sont considérées comme étant de l’ « entraînement énergétique », selon les principes de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC).

La pratique régulière du Qi Gong sert à renforcer et assouplir la structure musculosquelettique

entraînement énergétique: Le Qi Gong ou comment renforcer et assouplir la structure musculosquelettiqueRappelons qu’outre l’entraînement énergétique, la MTC comprend quatre autres pratiques : la diététique, l’acupuncture, la pharmacopée et le massage Tui Na.

Un des concepts fondamentaux de la Médecine traditionnelle chinoise étant le Qi, ce flux énergétique omniprésent, et Gong voulant dire travail ou entraînement, le Qi Gong est une pratique qui consiste à entraîner le Qi, c’est-à-dire à le renforcer, l’accroître, l’épurer, l’équilibrer et le faire circuler harmonieusement dans le corps et l’esprit. Pour une présentation du Qi et des principes de base de la Médecine traditionnelle chinoise, voir cette fiche.

La pratique régulière du Qi Gong sert à renforcer et assouplir la structure musculosquelettique et à optimiser toutes les fonctions de l’organisme dans le but d’entretenir la santé et même, d’assurer la longévité. Dans certains cas, elle peut aider à la guérison. C’est aussi une bonne préparation à toutes les activités sportives, artistiques et éducatives parce qu’elle favorise la concentration. Il existe également des exercices destinés spécifiquement à préserver l’énergie sexuelle.

Maîtriser le Qi

Par le contrôle du corps, de la respiration et de la pensée, les adeptes du Qi Gong apprennent donc à percevoir leur Qi et à le diriger le long des trajets d’énergie (les méridiens de l’acupuncture). Ils en viennent éventuellement à pouvoir absorber directement l’énergie de la terre, du ciel ou de la nature. Pour pratiquer le Qi Gong, on utilise :

  • Des visualisations et des méditations.
  • Des exercices respiratoires.
  • Des postures immobiles, tenues un certain temps.
  • Des mouvements très diversifiés et généralement très lents, ou des enchaînements de mouvements.
  • Des étirements et des ondulations.
  • Une grande attention mentale.

Mentionnons que le Qi Gong se distingue du Tai Ji Quan par ses mouvements plus courts et isolés qui peuvent parfois être exécutés en position couchée, alors que le Tai Ji Quan est essentiellement pratiqué en posture verticale.

Une connaissance approfondie de la Médecine traditionnelle chinoise n’est pas indispensable à la pratique du Qi Gong, mais certaines notions sont utiles pour une pratique personnelle avertie. On peut s’en tenir à le considérer comme une gymnastique, mais ce serait passer à côté de ses vastes possibilités. Les enseignants de Qi Gong, par contre, doivent avoir une excellente compréhension de la MTC afin d’orienter les pratiquants vers les exercices appropriés à leur condition.

En pratique, formations, livres

L’ensemble des auteurs affirme que, pour en ressentir les bienfaits, le Qi Gong doit être pratiqué tous les jours pendant un minimum de 20 minutes, idéalement 45 minutes.

Bien que de nombreux livres puissent aider les personnes désireuses d’adopter une telle pratique, les instructions d’un enseignant qualifié seraient indispensables pour atteindre l’état d’esprit ainsi que les postures et les mouvements justes ; cela permettrait également d’éviter les exercices qui ne conviennent pas à son état mental ou physique. Évidemment, les périodes de cours devront être complétées par des périodes d’entraînement.

Formation

L’enseignement du Qi Gong n’est régi officiellement par aucun organisme ni aucune association, ni en Europe ni en Amérique. Si aucune école québécoise ne décerne de diplôme, quelques instituts européens le font. À l’Institut International de Qi Gong, par exemple, on donne une formation de praticien (240 heures sur deux ans) et de professeur (360 heures sur trois ans). Plusieurs écoles de Qi Gong ouvertes au grand public donnent aussi de la formation professionnelle de même que certains instructeurs privés.

Une telle formation doit comprendre à la fois théorie (philosophie taoïste, énergétique chinoise, anatomie, etc.) et pratique.

Livres

– Bruney Michael. The Gigong Year : A seasonal Guide to Movement, Breathing and Meditation, Storey Books, États-Unis, 2002.
Un petit livre très « chouette » avec des exercices archisimples pour qui veut aborder cette pratique en douceur et très graduellement.

– Carnie L.V. Qi Gong : méthode traditionnelle chinoise pour rester jeune et en santé, Éditions de l’Homme, Canada, 1998.
Une introduction simple et claire.

– Chia Mantak. Guérison par le Chi Kung taoïste, Guy Trédaniel éditeur, France, 2002.
Le plus récent livre de ce grand maître d’une approche appelée Tao de la santé, et auteur prolifique; beaucoup d’illustrations couleur pour faire comprendre les mécanismes en jeu.

– Ferraro Dominique. Qi Gong pour les enfants, Le Courrier du Livre, France, 2000.
Dès 6 ou 7 ans, les enfants peuvent être initiés à des exercices simples qui peuvent les aider dans leur développement psychophysique.

– Jahnke Roger. The Healing Promise of Qi – Creating Extraordinary Wellness Through Qigong and Tai Chi, McGraw-Hill, États-Unis, 2002.
Un des excellents livres en anglais écrit par un docteur en médecine chinoise et maître de Qi Gong, qui explique clairement les principes de base de l’approche chinoise et propose plusieurs exercices.

– Migaud Martine. Qi Gong : la médecine des souffles, Éditions Godefroy, France, 1995.
Dans la mesure où on peut apprendre le Qi Gong dans un livre, celui-ci est un excellent guide. Écrit par une médecin et acupunctrice.

– Reid Daniel. A Complete Guide to Chi-Gung : Harnessing the Power of the Universe, Shambala Press, États-Unis, 1998. Une introduction substantielle, surtout théorique.

– Réquéna Dr Yves. À la découverte du Qi Gong, Guy Trédaniel éditeur, France.
Par le directeur de la formation à l’Institut International de Qi Gong.

– Zhao Jin-Xiang. Le Qi Gong chinois de l’envol de la grue, Guy Trédaniel éditeur, France, 1991. Pour qui veut passer directement à la pratique. Cette approche-ci, développée par l’auteur, comprend cinq enchaînements de mouvements.

– Zöller Joséphine. Qi Gong : exercices énergétiques de santé, Édtions Dangles, France, 1990. Un livre pour une pratique sérieuse, écrit par une femme médecin allemande, avec des centaines d’exercices dont plusieurs sont présentés en fonction de différentes affections.

Recherches scientifiques sur le Qi

Depuis 25 ans, le Qi a été surtout mesuré en ayant recours à des maîtres capables d’émettre du Qi (sur des cellules en éprouvettes ou des rats de laboratoire, par exemple) et sur le corps desquels on observait des réactions physiologiques. Parmi ces recherches, mentionnons celle dont la conclusion se lit comme suit : « Les résultats sont conséquents avec les recherches in vivo effectuées sur des humains et suggèrent que le Qi émis possède un puissant effet stimulant sur l’activité des cellules tueuses naturelles (natural killer cells). Cette étude offre un appui scientifique direct au fait que le Qi puisse affecter positivement l’immunité cellulaire humaine. »
Recherches scientifiques sur les applications thérapeutiques du Qi Gong

Malheureusement, peu de recherches sur les applications de la pratique du Qi Gong se conforment aux stricts protocoles scientifiques. Il est en effet pratiquement impossible de mener des études en double aveugle avec placebo, comme l’exige la méthodologie scientifique. Par ailleurs, les recherches menées en Chine depuis 25 ans sont rarement publiées en Occident. Cela dit, voici les conclusions des principales études disponibles.

Capacité respiratoire. Le plus grand nombre de recherches répertoriées par Pubmed concerne le renforcement du système respiratoire chez les personnes souffrant de différentes maladies affectant ce système. Si certaines n’ont observé que peu ou pas d’amélioration, une synthèse de plusieurs recherches auprès d’asthmatiques a révélé que la combinaison du Qi Gong avec la médication avait permis de réduire les doses de médicaments et la durée des hospitalisations. Une autre recherche menée en Allemagne auprès de 30 patients pendant six mois en est arrivée à la conclusion que la pratique régulière du Qi Gong aidait à réduire la sévérité de l’asthme.

Hypertension. Le second sujet le plus fréquent dans les recherches répertoriées est l’hypertension. Selon une synthèse de plusieurs d’entre elles, les résultats indiquent que la pratique du Qi Gong peut avoir un effet positif sur cette maladie. D’après une autre synthèse d’études cliniques sur la pratique du Qi Gong, on a observé une réduction des accidents vasculaires cérébraux et de la mortalité ainsi qu’une réduction de la médication requise pour le contrôle de la tension artérielle. Effets secondaires de la médication anticancéreuse. Selon une synthèse de recherches menées auprès de cancéreux sous médication, la pratique du Qi Gong réduirait les effets secondaires de la médication.

Sevrage de l’héroïne. Lors d’une étude clinique réalisée en Chine auprès d’un groupe d’hommes en cure de désintoxication, le tiers des participants a participé à des sessions quotidiennes de Qi Gong, un autre tiers a pris des médicaments tandis que le troisième tiers servait de groupe témoin. Les résultats ont montré que le Qi Gong accélère le processus de désintoxication, réduit les symptômes de sevrage et diminue l’anxiété.

Applications thérapeutiques

Le Qi du maître guérisseur

Dans son application médicale, le Qi Gong est de deux natures : il y a celui que l’on pratique pour soi (Qi Gong Yang Sheng), dont il est principalement question dans cette fiche, et celui qu’un maître peut appliquer sur un malade (Qi Gong Waiqi). Dans ce cas, un maître ayant atteint une très grande expertise peut non seulement émettre du Qi, mais l’orienter spécifiquement sur un organe malade. Des récits rapportent que de telles personnes peuvent anesthésier des patients pour une chirurgie, réparer des blessures et même soigner un cancer. Plusieurs recherches différentes ont effectivement mesuré une charge biomagnétique (jusqu’à mille fois supérieure à la normale) au bout des doigts des intervenants lors de l’émission du Qi.

Selon la perspective de l’énergétique chinoise, tous les « guérisseurs » émettent du Qi, quel que soit le nom qu’on donne à leur approche. Les pratiques de guérison sont toutefois interdites en Occident, bien que plus ou moins tolérées parce que considérées comme anodines ou fantaisistes (puisque le praticien ne touche même pas son patient), pour autant que la personne n’empêche pas le patient de recevoir un traitement médical. Non réglementées, ces pratiques se font très discrètes, d’où la difficulté de trouver des praticiens compétents. Il existe probablement des maîtres de Qi Gong Waiqi en Europe et au Québec, bien que rares, et ils seraient plutôt d’origine chinoise (la pratique étant encore très jeune en Occident), mais il existe probablement aussi des charlatans…

Processus plus que miracle

Selon ce que nous a dit Martine Migaud, acupunctrice et enseignante de Qi Gong, l’essentiel de cette approche ne consiste pas en des « recettes miracles » susceptibles de guérir spécifiquement telle ou telle maladie, mais en une puissante force capable de mettre en oeuvre les mécanismes autonomes de guérison dans l’individu qui entreprend la pratique et persévère. Une même classe peut regrouper des personnes qui veulent se maintenir en forme, d’autres qui cherchent à se libérer du stress et d’autres encore qui souffrent de maladie.

Selon l’Institut européen de Qi Gong, la pratique régulière d’exercices appropriés (parmi une très vaste gamme) permettrait les applications suivantes :

Comme mode de prévention. Assouplissement, détente, relaxation, gestion du stress, équilibre psychosomatique, meilleure vitalité, prévention des maladies, entretien de la mémoire, meilleur sommeil.

Comme approche curative. Améliorer la santé des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, d’insomnie, de déficit oculaire, de diabète, de paralysie, de maladies dégénératives, de déficit profond de l’immunité, d’asthme, d’hypercholestérolémie, pour n’en nommer que quelques-unes.

Pour l’épanouissement sportif. Augmenter la qualité du contrôle, l’endurance, la respiration et la capacité de propulsion soudaine.

Pour le développement personnel. Moduler la réponse émotionnelle et l’adaptation au stress psychoémotionnel ou affectif; favoriser, tant chez l’adulte que l’enfant, la mémorisation, l’effort intellectuel, mais aussi l’imagination et la créativité.

Pour l’ouverture spirituelle. Favoriser le développement de certaines qualités, comme le calme, la sérénité et le lâcher-prise.

Une science venue du Tao

Bien qu’elles aient toutes une base commune (la conception taoïste de l’équilibre du Yin et du Yang) et des pratiques similaires, on peut distinguer trois grands types d’écoles traditionnelles de Qi Gong :

  • spirituelles, dont l’objectif est surtout de libérer l’esprit;
  • martiales, dont font partie les différentes formes de Tai Ji Quan (ou Tai Chi), appelé aussi « boxe avec l’ombre »;
  • médicales.

On croit que la science du Qi est étudiée en Chine depuis au moins 3 000 ans et qu’elle se serait manifestée sous des milliers de formes au fil du temps. Les personnes ayant développé une grande maîtrise martiale de cette énergie seraient capables, semble-t-il, de terrasser un adversaire sans le toucher ou de développer une résistance physique hors du commun; en Chine, il arrive de voir certains « maîtres » monnayer ces capacités inhabituelles dans des foires… D’autres auraient développé une maîtrise médicale et seraient capables de guérir des personnes sévèrement malades. Après plusieurs années d’interdiction de toute forme de Qi Gong par le régime communiste, la Chine fait aujourd’hui la promotion de simples exercices de santé auprès de sa population et dans les hôpitaux. C’est grâce, en bonne partie, aux moines taoïstes que la connaissance profonde du Qi aurait été maintenue vivante et pourrait encore être apprise.

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.
Bibliographie

Novey Donald W. (Dir). Clinician’s Complete Reference to Complementary & Alternative Medicine, Mosby Inc., États-Unis, 2000.
René de Cotret Léon. Dossier Qi : L’émergence du Qi, L’arrivée du Qi Gong, Le Qi selon Mantak Chia, Guide Ressources, numéros de septembre, octobre et novembre 1994.
Institut Supérieur de Médecine Chinoise Guang Ming.  www.chinamed.be
Institut européen de Qi Gong.  www.ieqg.com
PubMed – National Library of Medicine.
Qigong Institute.  www.qigonginstitute.org

Notes

1. Seto A, Kusaka C, Nakazato S, et al. Detection of extraordinary large bio-magnetic field strength from human hand during external Qi emission. Acupunct Electrother Res. 1992;17(2):75-94.
2. Lee MS, Huh HJ, Jang HS, et al. Effects of emitted Qi on in vitro natural killer cell cytotoxic activity. Am J Chin Med. 2001;29(1):17-22.
3. Sancier KM. Therapeutic benefits of qigong exercises in combination with drugs. J Altern Complement Med. 1999 Aug;5(4):383-9. Synthèse.
4. Reuther I, Aldridge D. Qigong Yangsheng as a complementary therapy in the management of asthma: a single-case appraisal. J Altern Complement Med. 1998; 4: 173-183.
5. Mayer M. Qigong and hypertension : a critique of research. J Altern Complement Med. 1999 Aug;5(4):371-82. Synthèse.
6. Li M, Chen K, Mo Z. Use of Qi Gong therapy in the detoxification of heroin addicts. Alternative Therapies. 2002 Jan-Feb Vol.8, No.1, p.50-59.

Source : le Réseau Protéus

(article d’Ann Charlotte – « Bien et Bio »)

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(« Le bien-être par le Qi Gong »)

Le Qi Gong: Un esprit détendu dans un corps souple

Moins connu que le Yoga indien, le Qi Gong (se prononce chi kong ou chi gong) recense 200.000 adeptes en France, selon la Fédération des Enseignants de Qi Gong, Art Énergétique (Feqgae – Union Pro Qi Gong), en majorité des femmes. Une belle percée, puisque cette gymnastique traditionnelle chinoise de santé, vieille de plus de trois mille ans, n’a été introduite dans nos contrées que dans les années 70. Ni danse ni art martial, elle enchaîne des postures aux noms évocateurs (l’oiseau déploie ses ailes, la douche céleste…) par des mouvements lents et harmonieux, des exercices de respiration et de la méditation. Qi Gong signifie littéralement travail de l’énergie. Il s’agit de la stimuler et de s’en servir pour améliorer le fonctionnement de son corps. Les effets du Qi Gong, comparables à ceux du yoga, ont l’avantage d’être adaptés à toutes les conditions physiques. Les postures, les mouvements au ralenti s’apprennent et s’effectuent facilement. Selon une enquête menée par la Feqgae, ceux qui le pratiquent y trouvent un meilleur équilibre, une vitalité renforcée, une plus grande capacité à affronter la pression ambiante et y gagnent un esprit plus alerte, une meilleure écoute de leur corps… Il est réputé antistress et même anti-âge, parce que agissant sur la souplesse, les troubles émotionnels, le sommeil, la douleur… L’Académie de médecine s’est intéressée à cette discipline ainsi qu’au tai-chi-chuan, sa version plus dynamique, dans un rapport sur les thérapies complémentaires. Elle reconnaît que ces activités diminuent l’hypertension, améliorent le souffle des patients souffrant de problème respiratoire, ainsi que l’équilibre et les risques de chute chez les personnes âgées. Elle signale toutefois que ces effets bénéfiques «ne sont pas supérieurs aux méthodes conventionnelles d’entretien physique». L’Académie est dans son rôle, mais on peut toutefois noter que ces gymnastiques de relaxation font appel à la méditation, laquelle, selon plusieurs études, a un effet rapide et durable sur le fonctionnement du cerveau. Elle agit notamment sur les zones impliquées dans les émotions comme l’anxiété, la peur, l’empathie. Le «plus» est peut-être à chercher dans cette voie. Les tarifs s’élèvent en moyenne entre 15 et 20 euros pour une heure de cours collectif hebdomadaire et entre 60 et 90 euros pour un cours particulier.
 
Le Qi Gong s’adresse à tous, la discipline ne demandant pas d’effort musculaire intense

 

Pour qui? Le Qi Gong s’adresse à tous. Il est très prisé par les seniors, la discipline ne demandant pas d’effort musculaire intense.

(Source: sante.figaro.com)

Avez-vous déjà suivi des séances de Qi Gong ou bien avez-vous l’intention de vous y mettre prochainement ?

Contactez-nous: info@generationqigong.com 

Génération QI GONG – Luxembourg et Grande Région (« Le bien-être par le Qi Gong »)

[Témoignage] – Martine C. – « le Qi Gong m’a fait découvrir une nouvelle façon de respirer… »

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Martine, 58 ans, Saint-Pancré, Lorraine

« le Qi Gong m’a fait découvrir mon diaphragme et une nouvelle façon de respirer… »

Martine


Interviewer : Bonjour Martine ! Pouvez-vous brièvement vous présenter ?

Martine1.1Martine : En dehors de ma profession, j’ai des activités qui demandent de l’énergie : danse, chant et théâtre. J’ai aussi une vie sociale bien remplie avec mes amis et ma famille. La randonnée et la photo nature m’aident à me poser.

Interviewer : Comment/pourquoi et quand êtes-vous venue au Qi Gong ?

Martine : Une amie avait commencé à pratiquer. Elle en retirait beaucoup de bienfaits et m’a conseillé d’essayer.

Interviewer : Depuis quand, ou et avec qui pratiquez-vous ?

Martine : Je pratique depuis 4 ans à Saint-Pancré (en Meurthe-et-Moselle) avec Gino

Interviewer : C’est quoi le Qi Gong pour vous ?

Martine : Avant tout, c’est un bel outil pour gérer sont stress grâce à la respiration lente pendant les exercices et la méditation. Il permet aussi de rester en forme de retrouver un équilibre physique et mental. En cas de pathologie, il complète l’acupuncture et la pharmacopée chinoise.

Interviewer : Que vous apporte le Qi Gong ?

Martine : Le qi gong m’a fait découvrir mon diaphragme et une nouvelle façon de respirer, en visualisant mon souffle, lors de mémorables séances dans l’herbe au soleil de l’été. La respiration et la méditation m’aident à déstresser. Les séances yang délient mes articulations, c’est un vrai bonheur! Les mouvements en général aident à ne pas trop se « rouiller ». Des petits outils d’acupression pour dormir notamment ou des auto-massages du nez à faire quand on est enrhumés m’ont déjà été bien utiles. Et en général les exercices aident à se sentir zen et à recharger ses batteries.

Interviewer : Concrètement est-ce le Qi Gong vous a apporté des bienfaits au niveau de pathologies particulières, au niveau de votre bien-être ? Cela a-t-il changé votre vie au quotidien,… ?

Martine : Je ne souffre pas de pathologie particulière. Mais je pense que le qi gong m’aide à garder un certain équilibre, à rester zen. Il me donne aussi de l’énergie.

Interviewer : Quelle est la place ou le Qi Gong pour vous aujourd’hui et à l’avenir ?

Martine : Même si, je dois bien l’avouer, je n’effectue pas tous les mouvements tous les jours, je connais ceux qui m’apaisent et font du bien à mon mental. Quand je manque de temps, je privilégie ces exercices. Donc à l’avenir, je vais continuer de cette façon.

Interviewer : Comment pourriez décrire votre ressenti avant, pendant et après une séance de Qi Gong ?

Martine : Si j’ai une préoccupation particulière, je me réjouis de la séance de qi gong car je sais qu’elle va me faire du bien. Pendant la séance, je me sens calme et je fais le maximum pour profiter des bienfaits de la séance. Après la séance, je me sens très bien, apaisée et heureuse.

Interviewer : Que diriez-vous à une personne qui hésiterait à franchir le pas pour se mettre au Qi Gong ? Ou bien que répondriez-vous à un novice, mais aussi à un médecin généraliste allopathe qui n’en aurait jamais fait l’expérience, et qui vous demanderait ?

Martine : Il ne faut pas hésiter à tester cette discipline, elle ne peut qu’apporter du positif. Ni se décourager au début si on ne parvient pas à faire parfaitement certains exercices, ce n’est pas le plus important. Essayez, ouvrez votre esprit.

Interviewer : Votre mot de la fin ?

Martine : Le qi gong n’apporte que du positif. N’hésitez pas à le tester.

Interviewer : Merci Martine !

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Respiration « souffle du vent »

La respiration « souffle du vent » est une pratique méditative qui utilise la respiration, les mouvements des yeux et de la langue, ainsi que la visualisation.

[Souffle du vent] – Méthode :souffle du vent

  • Asseyez-vous en tailleur ou au bord d’une chaise.
  • Fermez les yeux et respirez calmement.
  • Puis inspirez par le nez.
  • La pointe de votre langue touche votre palais.
  • Tout en gardant les yeux fermés dirigez votre regard à 30° vers le haut.
  • Expirez par la bouche en émettant le son Ha, légèrement, la pointe de la langue touchant alors le plancher de la bouche, et les yeux fermés étant dirigés à 30°vers le bas.
  • Continuez l’exercice en essayant de rallonger toujours davantage le temps de l’inspiration et de l’expiration.

[Souffle du vent] – Les bienfaits :

Cette respiration calme profondément, élimine les tensions et le Feu du Coeur. Au début, elle fait bâiller.

Elle relaxe instantanément et prépare à un bon sommeil. On peut y avoir recours pour traiter l’insomnie. Elle permet de renforcer l’énergie Yin et aide à transformer l’énergie vitale des Reins Jing, en Shen (claire conscience, lucidité, sérénité, lumière). Elle est issue des enseignements des Maîtres Taoïstes qui l’utilisent pour favoriser la croissance et l’expansion de la conscience, pour la clairvoyance et l’intuition.

Accompagnement audio: Respiration  » Souffle Du Vent  » par Ysabel Argent Pons

méditation à la plage

(Source: Le Guide du Bien-être selon la Médecine Chinoise)